I. XIXe et XXe siècle – Colonisation et impérialisme

La rhétorique de dénonciation du « politiquement correct » en 1972 et 1989

Le fait de rattacher à la rhétorique du « politiquement correct », des textes où cette expression n’est pas employée, relève d’un choix assumé et fondé. Le fait est que toute revendication égalitaire et tout comportement interrogeant des représentations inégalitaires (aujourd’hui le fait que des femmes osent jouer au football au point de disputer une coupe du monde) récolte son lot de dénonciations, au nom du bon sens, du ridicule ou – de façon plus systématique aujourd’hui – du « politiquement correct ». S’il faut savoir à qui profite cette rhétorique, il est patent qu’elle est avant tout contre ce qui peut heurter des représentations inégalitaires ou différentialistes. Edmund Burke dénonçait naguère l’idée qu’on pût commettre une injustice pour en supprimer une autre. Le pourfendeur du politiquement correct est beaucoup moins subtil que Burke. Il fait appel au bon sens populaire et confère à l’objet de sa critique une importance plus grande que l’inégalité passée ou présente qu’il souligne. Il se met ainsi au service du statu quo inégalitaire.

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1840 – La Question d’Orient et l’humiliation de Thiers par Palmerston

En 1840, sous la Monarchie de Juillet, le 2e cabinet Thiers entend soutenir Mehmet Ali, pacha albanais d’Égypte, contre son suzerain ottoman. Le contexte mondial est alors celui du Great Game, nom donné à l’affrontement larvé entre l’empire continental russe qui cherche des accès aux mers chaudes, et la puissance maritime britannique, au Proche-orient (expression qui inclut alors Mer noire et Balkans) comme en Asie centrale (notamment en Afghanistan, aux confins des Indes britanniques et sur la route russe de l’océan Indien, devenu plus tard terrain d’affrontement entre empire continental soviétique et empire maritime américain ). Le contexte européen est aussi celui du déclin ottoman et de l’affaiblissement d’une France sous surveillance depuis 1815. Alors que la France recherche l’alliance britannique, les projets de Thiers sont désapprouvés par Palmerston, qui veut soutenir l’Empire ottoman, rempart dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles contre la descente russe vers la Méditerranée. L’épisode humilie Thiers qui doit démissionner après que Louis-Philippe ait choisi entre son premier ministre et l’alliance britannique.

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