Clio Texte https://clio-texte.clionautes.org Un catalogue de textes utiles à l'enseignement de l'histoire Tue, 23 Feb 2021 18:44:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.6.2 Dénoncer les violences faites aux femmes https://clio-texte.clionautes.org/denoncer-violences-faites-aux-femmes.html https://clio-texte.clionautes.org/denoncer-violences-faites-aux-femmes.html#respond Fri, 12 Feb 2021 06:08:57 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10947 Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945)

  Lucie Delarue est issue d’une famille bourgeoise qui s’installe à Paris en 1880. Après avoir refusé une demande en mariage de Philippe Pétain en 1900, elle épouse l’orientaliste Joseph-Charles Mardrus et en divorce 15 ans plus tard. Elle multiplie les activités artistiques et devient poétesse, romancière, sculptrice… Entre-autres.

  En 1908, Lucie Delarue-Mardrus publie un roman intitulé Marie, fille-mère. Ce roman tragique, oublié de nos jours, raconte et dénonce sans ambiguïté, dans un style incisif et précis, le sort d’une jeune fille violée à l’âge de 17 ans et des injustices sociales qu’elle subit par la suite.

  Ce texte, qui adopte un point de vue féminin à la fois factuel et dénonciateur, peut servir à remettre en perspective les mouvements et les publications actuels consacrés aux violences faites aux femmes.


 

« Debout, dans sa fraîcheur pareille à celle des Anglo-saxonnes, elle considérait avec complaisance cet être gentil qui semblait innocent comme elle. Car elle ne soupçonnait pas ce qu’il peut y avoir dans l’âme d’un homme qui regarde une femme. Elle ignorait que le désir est un chasseur sans pitié. […] Elle ne savait pas qu’il y a de la lutte dans l’amour et de l’assassinat dans la possession, qu’il y a d’un côté l’attaque et de l’autre la défense, et que l’homme, plus cruel que toute autre bête, est agité dans sa jeunesse par la sourde envie de terrasser la femme comme un adversaire plus faible ».

(Extrait, pp. 19- 20)

 

« Marie s’égaie encore, puis elle s’étonne et veut se redresser. Un bras impérieux la recouche. Le cœur de Marie bat avec tant de violence qu’elle peut à peine crier. Une révélation foudroyante lui apprend tout du drame de l’amour. Elle comprend que l’homme est un animal comme les autres, et que son gentil amoureux va la couvrir comme elle a vu les taureaux couvrir les vaches dans les prés de son enfance. Une terreur immense l’a saisi toute entière […]

Elle veut se débattre. Une épaule lourde et vêtue lui écrase la figure. Marie, étouffée, malmenée, annihilée par l’épouvante, jette tout à coup un cri plus martyrisé, plus indigné, plus terrifié que les autres. Des pleurs jaillissent de ses yeux, tout son corps se tend, s’arc-boute pour protester.

Le garçon est muet, implacable, haletant. Marie, maintenant, pousse des sanglots de rage impuissante. Et, soudain, se mêle à sa clameur bâillonnée celle plus courte, plus saccadée, de son agresseur. Marie se tait presque pour l’écouter. Une nouvelle stupeur la terrasse. Va-t-elle devenir folle de tout cela ?

Brusquement, l’étreinte a cessé. Le garçon s’est tu. L’étau desserré désemprisonne Marie, renversée dans le désordre des jupons saccagés. Le couchant est enfin mort au bout du pré. La nuit règne seule sur les foins, avec toutes ses étoiles multipliées. Le garçon s’est relevé dans l’ombre.

Marie, d’un geste vaincu, rabaissa sa robe sur son corps blessé. Une douleur profonde continuait à mortifier son être intime.

(Extrait : pp. 34-35)

 

 

Elle appela faiblement, d’une voix coupée de spasmes. Personne ne lui répondit. Le garçon avait fui.

Comme un meurtrier qui se sauve de sa victime, il s’en était allé sans rien dire, sans rien vouloir connaître des suites de son forfait. »

(Extrait p. 37)

 

Degas « Intérieur » tableau également intitulé « le viol », 1868-1869, 81×114 cm, Philadelphia Museum of Art
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La loi contre la contraception et le contrôle des naissances https://clio-texte.clionautes.org/la-loi-contre-la-contraception-et-le-controle-des-naissances.html https://clio-texte.clionautes.org/la-loi-contre-la-contraception-et-le-controle-des-naissances.html#respond Thu, 11 Feb 2021 16:21:33 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10938  

En 1920 est votée et promulguée la loi interdisant la propagande pour la contraception. Cette loi est incluse dans un texte plus large réprimant également la propagande en faveur de l’avortement. Nous ne reproduisons ici que les articles concernant la contraception.

Ces mesures doivent être replacées dans le contexte d’un pays saigné à blanc par la première guerre mondiale et dont les préoccupations natalistes sont dès lors bien compréhensibles :  loi sans  effet véritable  puisque, de 1935 à 1940, le nombre de morts en France dépasse celui des naissances.

Il faut ensuite attendre le milieu des années 50, c’est à dire après une bonne décennie de « Baby boom » pour que la question du contrôle des naissances et de la contraception devienne un véritable sujet de société…

 


Loi réprimant la provocation à l’avortement et à la propagande anticonceptionnelle.

Le Sénat et la Chambre des députée ont adopté, le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : […]

Art. 3. — Sera puni d’un mois à six mois de prison et d’une amende de cent francs à cinq mille francs quiconque, dans un but de propagande anticonceptionnelle, aura, par l’un des moyens spécifiés aux articles 1er et 2, décrit ou divulgué, ou offert de révéler des procédés propres à prévenir la grossesse, ou encore faciliter l’usage de ces procédés.

Les mêmes peines seront applicables à quiconque, par l’un des moyens énoncés à l’article 23 de la loi du 29 juillet 1881, se sera livré à une propagande anticonceptionnelle ou contre la natalité.

Art. 4. — Seront punies des mêmes peines les infractions aux articles 32 et 36 de la loi du 21 germinal an XI, lorsque les remèdes secrets sont désignés par les étiquettes, les annonces ou tout autre moyen comme jouissant de vertus spécifiques préventives de la grossesse, alors même que l’indication de ces vertus ne serait que mensongères. […]

Art. 7. — La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies, dans les conditions qui seront déterminées par des règlements d’administration publique.

La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’État.

Fait à Rambouillet, le 31 juillet 1920.

Par 1e Président de la République : P. DESCHANEL

Y Evolution de la Société : la contraception en France

 

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Discours de D. de Villepin au conseil de sécurité de l’ONU 14 février 2003 https://clio-texte.clionautes.org/discours-de-villepin-onu-fevrier-2003.html https://clio-texte.clionautes.org/discours-de-villepin-onu-fevrier-2003.html#respond Wed, 10 Feb 2021 17:09:55 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10924 Nous publions la version intégrale du discours prononcé par Dominique de Villepin devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 14 février 2003. Face aux pressions américaines en faveur de l’intervention militaire contre l’Irak, le ministre des affaires étrangères de la France y prononce son fameux discours contre la guerre.

On n’en  retient souvent que la fin alors que c’est l’ensemble du plaidoyer qui est remarquable. Dominique de Villepin alerte sur les dangers d’une guerre qui « est toujours la sanction d’un échec » et qui destabiliserait pour longtemps le Moyen Orient.

Il semble  que l’histoire lui ait donné raison…

T discours de Villepin 14 février 2003


 

« Je remercie MM. Blix et El Baradeï pour les indications qu’ils viennent de nous fournir sur la poursuite des inspections en Irak. Je tiens à nouveau à leur exprimer la confiance et le plein soutien de la France dans leur mission.

Vous savez le prix que la France attache, depuis l’origine de la crise irakienne, à l’unité du Conseil de sécurité. Cette unité repose aujourd’hui sur deux éléments essentiels :

Nous poursuivons ensemble l’objectif d’un désarmement effectif de l’Irak. Nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Ne mettons pas en doute notre engagement commun en ce sens. Nous assumons collectivement cette lourde responsabilité qui ne doit laisser place ni aux arrière-pensées, ni aux procès d’intention. Soyons clairs : aucun d’entre nous n’éprouve la moindre complaisance à l’égard de Saddam Hussein et du régime irakien.

En adoptant à l’unanimité la résolution 1441, nous avons collectivement marqué notre accord avec la démarche en deux temps proposée par la France : le choix du désarmement par la voie des inspections et, en cas d’échec de cette stratégie, l’examen par le Conseil de sécurité de toutes les options, y compris celle du recours à la force. C’est bien dans ce scénario d’échec des inspections, et dans ce cas seulement, que pourrait se justifier une seconde résolution. La question qui se pose aujourd’hui est simple: considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d’inspections est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d’inspection offertes par la résolution 1441 n’ont pas encore été toutes explorées ?

En réponse à cette question, la France a deux convictions : la première, c’est que l’option des inspections n’a pas été conduite jusqu’à son terme et peut apporter une réponse efficace à l’impératif du désarmement de l’Irak ; la seconde, c’est qu’un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu’il ne saurait être envisagé qu’en dernière extrémité. Or que venons-nous d’entendre, à travers le rapport de MM. Blix et El Baradeï ? Nous venons d’entendre que les inspections donnent des résultats. Bien sûr, chacun d’entre nous veut davantage et nous continuerons ensemble à faire pression sur Bagdad pour obtenir plus. Mais les inspections donnent des résultats. Lors de leurs précédentes interventions au Conseil de sécurité, le 27 janvier, le président exécutif de la CCVINU et le directeur général de l’AIEA avaient identifié précisément les domaines dans lesquels des progrès étaient attendus. Sur plusieurs de ces points, des avancées significatives ont été obtenues:

Dans les domaines chimiques et biologiques, les Irakiens ont remis de nouveaux documents aux inspecteurs. Ils ont aussi annoncé la création des commissions d’investigation, dirigées par les anciens responsables des programmes d’armements, conformément aux conclusions de M. Blix. Dans le domaine balistique, les informations fournies par l’Irak ont permis aux inspecteurs de progresser également. Nous détenons avec précision les capacités réelles du missile Al-Samoud. Maintenant, il convient de procéder au démantèlement des programmes non autorisés, conformémement aux conclusions de M. Blix. Dans le domaine nucléaire, des informations utiles ont été transmises à l’AIEA sur les points les plus importants évoqués par M. El Baradeï le 27 janvier : l’acquisition d’aimants susceptible de servir à l’enrichissement d’uranium et la liste des contacts entre l’Irak et le pays susceptible de lui avoir fourni de l’uranium.

Nous sommes là au coeur de la logique de la résolution 1441, qui doit assurer l’efficacité des inspections grâce à une identification précise des programmes prohibés, puis à leur élimination. Nous sommes tous conscients que le succès des inspections suppose que nous aboutissions à une coopération pleine et entière de l’Irak. La France n’a cessé de l’exiger. Des progrès réels commencent à apparaître : l’Irak a accepté le survol de son territoire par des appareils de reconnaissance aérienne ; il a permis que des scientifiques irakiens soient interrogés sans témoins par les inspecteurs ; un projet de loi prohibant toutes les activités liées aux programmes d’armes de destruction massive est en cours d’adoption, conformément à une demande ancienne des inspecteurs ; l’Irak doit fournir une liste détaillée des experts ayant assisté en 1991 aux destructions des programmes militaires.

La France attend bien entendu que ces engagements soient durablement vérifiés. Au-delà, nous devons maintenir une forte pression sur l’Irak pour qu’il aille plus loin dans la voie de la coopération. Ces progrès nous confortent dans la conviction que la voie des inspections peut être efficace. Mais nous ne devons pas nous dissimuler l’ampleur du travail restant à accomplir : des questions doivent être élucidées, des vérifications doivent être conduites, des installations ou des matériels doivent sans doute encore être détruits. Pour ce faire, nous devons donner aux inspections toutes les chances de réussir.

J’ai fait des propositions le 5 février devant le Conseil. Depuis lors, nous les avons précisées dans un document de travail adressé à MM. Blix et El Baradeï et communiquées aux membres du Conseil. Quel est leur esprit ? Il s’agit de propositions pratiques et concrètes, qui peuvent être mises en oeuvre rapidement et qui sont destinées à renforcer l’efficacité des opérations d’inspection. Elles s’inscrivent dans le cadre de la résolution 1441 et ne nécessitent par conséquent aucune nouvelle résolution du Conseil. Elles doivent venir à l’appui des efforts menés par MM. Blix et El Baradeï, qui sont naturellement les mieux à même de nous dire celles d’entre elles qu’ils souhaitent retenir pour assurer la meilleure efficacité de leurs travaux. Dans leur rapport, ils nous ont fait des commentaires utiles et opérationnels. La France a déjà annoncé qu’elle tenait des moyens supplémentaires à la disposition de MM. Blix et El Baradeï, à commencer par ses appareils de surveillance aérienne Mirage IV. Alors oui, j’entends bien les critiques : il y a ceux qui pensent que, dans leur principe, les inspections ne peuvent avoir aucune efficacité. Mais je rappelle que c’est le fondement même de la résolution 1441 et que les inspections donnent des résultats. On peut les juger insuffisants mais ils sont là.

Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d’inspection serait une sorte de « manoeuvre de retardement » visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l’Irak. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat. Il y a deux options : l’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a une autre option offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Irak. Au bout du compte, ce choix-là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?

Personne ne peut donc affirmer aujourd’hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu’il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d’un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons pas conséquent aux inspecteurs des Nations unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à MM. Blix et El Baradeï de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir. Dans ce contexte, l’usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l’Irak par les inspections. De plus, un recours prématuré à l’option militaire serait lourd de conséquences.

L’autorité de notre action repose aujourd’hui sur l’unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité. Elle pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d’injustice, aggraverait les tensions et risquerait d’ouvrir la voie à d’autres conflits. Nous partageons tous une même priorité, celle de combattre sans merci le terrorisme. Ce combat exige une détermination totale. C’est depuis la tragédie du 11 septembre, l’une de nos responsabilités premières devant nos peuples. Et la France, qui a été durement touchée à plusieurs reprises par ce terrible fléau, est entièrement mobilisée dans cette lutte qui nous concerne tous et que nous devons mener ensemble. C’est le sens de la réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue le 20 janvier, à l’initiative de la France.

Il y a dix jours, le secrétaire d’État américain, M. Powell, a évoqué des liens supposés entre Al Quaïda et le régime de Bagdad. En l’état actuel de nos informations et recherches menées en liaison avec nos alliés, rien ne nous permet d’établir de tels liens. En revanche, nous devons prendre la mesure de l’impact qu’aurait sur ce plan une action militaire contestée actuellement. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d’aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ?

La France l’a toujours dit : nous n’excluons pas la possibilité qu’un jour il faille recourir à la force, si les rapports des inspecteurs concluaient à l’impossibilité pour les inspections de se poursuivre. Le Conseil devrait alors se prononcer et ses membres auraient à prendre toutes leurs responsabilités. Et, dans une telle hypothèse, je veux rappeler ici les questions que j’avais soulignées lors de notre dernier débat le 4 février et auxquelles nous devrons bien répondre : en quoi la nature et l’ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ? Comment faire en sorte que les risques considérables d’une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ? En tout état de cause, dans une telle éventualité, c’est bien l’unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité. De même, ce sont bien les Nations unies qui resteront demain, quoi qu’il arrive, au coeur de la paix à construire.

Monsieur le président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l’incompréhension, de la suspicion ou de la peur. Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c’est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’Occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèles à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Dominique de Villepin, Ministre des Affaires Etrangères (6 mai 2002 – 30 mars 2004)

 

Y   Crise irakienne de 2003 l’opposition entre l’Europe et les Etats-unis

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Discours d’ investiture de Joe Biden – 20 janvier 2021 https://clio-texte.clionautes.org/discours-investiture-joe-biden-20-janvier-2021.html https://clio-texte.clionautes.org/discours-investiture-joe-biden-20-janvier-2021.html#respond Thu, 21 Jan 2021 17:23:34 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10595 Nous proposons ici l’intégralité du discours d’investiture du président Joe Biden, dans la traduction proposée par le département d’État des États-Unis.

Un lien en fin d’article vous  renvoie à la version originale en anglais.

Vous pouvez également retrouver sur le site de Clio Texte les discours d’investiture de  ses prédecesseurs, Donald Trump, Barack Obama, J.F Kennedy

 


Washington, D.C.
20 janvier 2021

11 h 52, heure de Washington

Monsieur Roberts, président de la Cour suprême ; Madame Harris, vice-présidente ; Madame Pelosi, présidente de la Chambre des représentants ; Monsieur Schumer, Monsieur McConnell, Monsieur le vice-président Pence et mes invités distingués, mes compatriotes, c’est la journée de l’Amérique. C’est la journée de la démocratie, un jour d’histoire et d’espoir, de renouveau et de détermination. Au cours d’une rude épreuve qui restera longtemps dans les annales, l’Amérique a été mise à l’épreuve une fois de plus. Et l’Amérique a relevé le défi. Aujourd’hui, nous célébrons le triomphe, non pas d’un candidat, mais d’une cause, la cause de la démocratie. Le peuple, la volonté du peuple, a été entendue, et la volonté du peuple a été prise en compte.

Nous avons appris une fois de plus que la démocratie est précieuse. La démocratie est fragile. Et à cette heure, mes amis, la démocratie l’a emporté. (Applaudissements)

Alors maintenant, en ce lieu vénéré, où il y a quelques jours encore la violence cherchait à ébranler les fondements mêmes du Capitole, nous nous rassemblons en une seule nation devant Dieu, indivisible, pour procéder à la passation pacifique du pouvoir comme nous le faisons depuis plus de deux siècles. Et nous nous tournons vers l’avenir à notre manière unique à nous, Américains, avec impatience, avec audace, avec optimisme, et nous fixons les yeux sur la nation que nous savons pouvoir être et que nous devons être.

Je remercie mes prédécesseurs des deux partis d’être présents ici aujourd’hui. Je les remercie du fond du cœur. (Applaudissements) Et je sais – (Applaudissements) Et je sais la résilience de notre Constitution et la force, la force de notre nation, tout comme le sait aussi le président Carter avec qui je me suis entretenu hier soir, et qui ne peut être parmi nous aujourd’hui, mais que nous saluons pour sa vie au service de la nation.

Je viens de prêter le serment sacré que chacun de ces patriotes a prêté. Le serment prêté pour la première fois par George Washington. Mais l’histoire des États-Unis ne dépend pas de l’un d’entre nous, ou de certains d’entre nous, elle dépend de nous tous, de nous le peuple, nous qui recherchons une union plus parfaite. Nous sommes une grande nation. Nous sommes bons. Et au fil des siècles, à travers les tempêtes et les conflits, en temps de paix et en temps guerre, nous avons parcouru un long chemin, mais il nous reste encore beaucoup à faire.

Nous irons de l’avant avec rapidité et urgence, car nous avons beaucoup à faire en cet hiver de périls et de possibilités significatives. Beaucoup à réparer, beaucoup à restaurer, beaucoup de blessures à panser, beaucoup à construire et beaucoup à gagner. Rares sont ceux dans les annales de notre pays qui ont eu plus de défis à relever ou qui ont vécu à une époque aussi difficile que la nôtre.

Un virus extrêmement rare qui hante silencieusement le pays. Il a fait autant de victimes que l’Amérique a pleurées pendant l’ensemble de la Seconde Guerre mondiale. Des millions d’emplois ont disparu, des centaines de milliers d’entreprises ont fermé, un appel à la justice raciale en gestation depuis 400 ans nous émeut. Le rêve d’une justice pour tous ne sera plus différé. (Applaudissements)

Un cri pour la survie vient de la planète elle-même. Un cri qui ne saurait être plus désespéré ni plus clair, et maintenant la montée de l’extrémisme politique, du suprémacisme blanc, du terrorisme intérieur que nous devons affronter et que nous vaincrons. (Applaudissements)

Pour surmonter ces défis, pour restaurer l’âme et assurer l’avenir de l’Amérique, il faut bien plus que des paroles. Il faut la chose la plus insaisissable de toutes dans une démocratie : l’unité. L’unité. En un autre mois de janvier, le Jour de l’An 1863, Abraham Lincoln a signé la Proclamation d’émancipation. Lorsqu’il a posé sa plume sur le papier, il a dit, et je cite : « Si mon nom entre un jour dans l’histoire, ce sera pour cet acte, auquel mon âme est pleinement attachée. »

« Mon âme est pleinement attachée. » Aujourd’hui, en ce jour de janvier, voici ce à quoi mon âme est pleinement attachée : rassembler l’Amérique, unir notre peuple, unir notre nation. Et je demande à chaque Américain de se joindre à moi dans cette cause. (Applaudissements)

De s’unir pour combattre les ennemis auxquels nous sommes confrontés, la colère, le ressentiment et la haine, l’extrémisme, le désordre, la violence, la maladie, le chômage et le désespoir. Unis, nous pouvons faire de grandes choses, des choses importantes.

Nous pouvons corriger les erreurs. Nous pouvons créer de bons emplois. Nous pouvons envoyer nos enfants dans des écoles sûres. Nous pouvons vaincre ce virus mortel. Nous pouvons récompenser —récompenser le travail et reconstruire la classe moyenne et assurer des soins de santé à tout le monde. Nous pouvons instaurer la justice raciale et faire en sorte que l’Amérique redevienne la première force du bien dans le monde.

Je sais que parler d’unité peut paraître une idée folle de nos jours. Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et qu’elles sont réelles. Mais je sais aussi qu’elles ne sont pas nouvelles. Notre histoire est un combat constant entre l’idéal américain, celui qui veut que nous sommes tous créés égaux, et la dure et laide réalité que le racisme, le nativisme, la peur, la diabolisation nous déchirent depuis longtemps.

Ce combat est constant, et la victoire n’est jamais assurée. Au fil de la guerre de Sécession, de la Grande Dépression, d’une guerre mondiale, du 11-Septembre, au fil des luttes, des sacrifices et des revers, les meilleurs anges de notre nature ont toujours prévalu. Dans chacun de ces moments, nous avons été suffisamment nombreux – suffisamment nombreux – à nous mobiliser pour nous faire tous aller de l’avant, et nous pouvons le faire maintenant.

L’histoire, la foi et la raison nous montrent la voie, la voie de l’unité. Nous pouvons nous voir les uns les autres, non pas comme des adversaires, mais comme des voisins. Nous pouvons nous traiter les uns les autres avec dignité et respect. Nous pouvons unir nos forces, cesser de crier et baisser le ton. Car sans unité, il n’y a pas de paix ; il n’y a que de l’amertume et de la fureur. Pas de progrès, mais rien qu’une indignation épuisante. Pas de nation, mais rien d’autre que le chaos.

Nous vivons un moment historique de crise et de défis, et l’unité est la voie à suivre. Et nous devons relever ce moment en tant qu’États-Unis d’Amérique. Si nous le faisons, je vous garantis que nous n’échouerons pas. Nous n’avons jamais, jamais, jamais, jamais échoué en Amérique lorsque nous avons agi ensemble.

Et donc, aujourd’hui, maintenant, en ce lieu, prenons un nouveau départ, tous ensemble. Recommençons à nous écouter les uns les autres. À nous entendre les uns les autres. À nous voir les uns les autres. À nous respecter les uns les autres. Il n’est pas dit que la politique doive être un incendie qui fait rage, détruisant tout sur son chemin. Chaque désaccord n’a pas à être une cause de guerre totale. Et nous devons rejeter la culture dans laquelle les faits eux-mêmes sont manipulés, et même fabriqués. (Applaudissements)

Mes compatriotes, nous ne devons pas être comme ça. L’Amérique doit être meilleure que cela, et je suis convaincu que l’Amérique est bien meilleure que cela. Nous nous tenons ici, dans l’ombre du dôme du Capitole, et dont la construction, comme il a été mentionné auparavant, a été achevée pendant la guerre de Sécession, lorsque le sort de l’Union elle-même était en jeu. Pourtant, nous avons tenu bon. Nous avons triomphé.

Nous nous tenons ici, face à la grande esplanade où Martin Luther King a décrit son rêve. Nous nous tenons ici où, il y a 108 ans, lors d’une autre investiture, des milliers de protestataires ont tenté de bloquer le chemin des femmes courageuses qui manifestaient, revendiquant le droit de vote. Et aujourd’hui, nous célébrons la prestation de serment de la première femme de l’histoire des États-Unis à être élue à une fonction nationale, la vice-présidente Kamala Harris.

Ne me dites pas que les choses ne peuvent pas changer ! (Applaudissements)

Nous nous tenons ici, sur la rive du Potomac de l’autre côté du cimetière national d’Arlington, où ceux qui ont donné la dernière pleine mesure de leur dévouement reposent dans la paix éternelle. Et nous nous tenons ici, quelques jours seulement après qu’une foule d’émeutiers a cru pouvoir, par la violence, brimer la volonté du peuple, stopper l’œuvre de notre démocratie et nous chasser de ce lieu vénéré. Cela ne s’est pas produit. Cela ne se produira jamais. Ni aujourd’hui. Ni demain. Ni jamais. Ni jamais. (Acclamations et applaudissements)

À tous ceux qui ont soutenu notre campagne, je suis plein d’humilité face à la confiance que vous avez placée en nous. À tous ceux qui ne nous ont pas soutenus, permettez-moi de vous dire ceci. Écoutez-moi pendant qu’on avance ensemble. Évaluez-moi et évaluez ce que j’ai dans le cœur.

Si vous n’êtes toujours pas d’accord, qu’il en soit ainsi. La démocratie, c’est cela. L’Amérique, c’est cela. Le droit de ne pas être d’accord pacifiquement. Dans les garde-fous de notre république, c’est peut-être la plus grande force de notre pays. Mais écoutez-moi attentivement, un désaccord ne doit pas mener à la désunion. Et je m’y engage devant vous, je serai le président de tous les Américains, de tous les Américains. (Applaudissements) Et je vous le promets, je me battrai aussi bien pour ceux qui ne m’ont pas soutenu que pour ceux qui l’ont fait. (Applaudissements)

Il y a de nombreux siècles, Saint Augustin, un saint de mon Église, a écrit qu’un peuple était une multitude d’êtres définis par leur amour commun des mêmes choses. Définis par leur amour commun des mêmes choses. Quels sont les choses que nous, Américains, aimons en commun, qui nous définissent en tant qu’Américains ?

Je crois que nous le savons. Ce sont les opportunités, la sécurité, la liberté, la dignité, le respect, l’honneur et, oui, la vérité. (Applaudissements) Les semaines et les mois derniers nous ont appris une leçon douloureuse. Il y a la vérité et il y a les mensonges, les mensonges dits pour le pouvoir et le profit.

Et chacun de nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, en tant qu’Américains, et surtout en tant que dirigeants, de dirigeants qui se sont engagés à honorer notre Constitution et à protéger notre nation, de défendre la vérité et de vaincre les mensonges. (Applaudissements)

Écoutez… (Applaudissements) Je comprends que beaucoup de mes compatriotes américains envisagent l’avenir avec peur et appréhension. Je comprends qu’ils s’inquiètent pour leur travail. Je comprends que, comme mon père, allongés dans leur lit la nuit, les yeux rivés au plafond, ils se demandent : « Est-ce que je vais pouvoir garder ma couverture santé, est-ce que je vais pouvoir rembourser mon prêt immobilier ? » Ils pensent à leur famille, à ce qui va se passer ensuite. Je vous promets que je comprends.

Mais la réponse n’est pas de se replier sur soi, de se réfugier au sein de factions rivales, en se méfiant de ceux qui ne ressemblent pas — qui ne nous ressemblent pas, ou qui n’exercent pas leur foi comme nous, ou qui s’informent auprès de sources différentes des nôtres. Nous devons arrêter cette guerre incivile qui oppose le rouge au bleu, la campagne à —la campagne à la ville, les conservateurs aux progressistes. Nous pouvons y arriver si nous ouvrons nos âmes au lieu d’endurcir nos cœurs.

Si on fait preuve d’un peu de tolérance et d’humilité, et si on est prêt à se mettre à la place des autres… Comme disait ma mère : rien qu’un instant, mets-toi à leur place. Parce que dans la vie, une chose est sûre : on ne peut pas prédire ce que le destin va nous réserver.

Il y a des jours où on a besoin d’un coup de main. Et d’autres où on est appelé à prêter main-forte. C’est ce qui est censé se passer. C’est ce qu’on fait pour les autres.

Et si on se comporte comme cela, notre pays va être plus fort, plus prospère, plus préparé pour l’avenir. Et cela n’empêche pas d’avoir des avis différents. Mes chers compatriotes, dans la tâche qui nous attend, nous allons avoir besoin les uns des autres. Il nous faut toutes nos forces pour préserver — pour persévérer pendant ce sombre hiver. Nous entrons dans ce qui sera peut-être la phase la plus difficile et la plus mortelle du virus.

Nous devons mettre la politique de côté et faire enfin face à cette pandémie ensemble, d’une seule voix, en tant que nation unie. Et je vous promets ceci, comme le dit la Bible : « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. » On va s’en sortir ensemble. Ensemble. Écoutez, mes amis et tous mes collègues avec qui j’ai servi à la Chambre et au Sénat ici, nous le comprenons tous, le monde nous regarde, il nous regarde tous aujourd’hui. Voici mon message à ceux qui vivent au-delà de nos frontières.

L’Amérique a été mise à l’épreuve, et nous en sommes sortis plus forts. Nous réparerons nos alliances et nous nouerons de nouveau des relations avec le monde, pour relever non pas les défis d’hier, mais ceux d’aujourd’hui et de demain. (Applaudissements)

Et nous serons un chef de file non seulement par l’exemple de notre pouvoir, mais par le pouvoir de notre exemple. (Applaudissements) Nous serons un partenaire solide et fiable pour la paix, le progrès et la sécurité.

Écoutez, vous savez tous que nous avons traversé énormément de choses dans ce pays. Pour ma première action en tant que président, j’aimerais vous demander de vous joindre à moi dans un moment de prière silencieuse en hommage à tous ceux que nous avons perdu à cause de la pandémie au cours de l’année écoulée : 400 000 concitoyens — des mères, des pères, des maris, des femmes, des fils, des filles, des amis, des voisins et des collègues. Nous allons honorer leur mémoire en devenant le peuple et la nation que nous nous pouvons, et que nous devons, être.

Alors, je vous le demande, disons une prière silencieuse pour ceux qui sont décédés, pour ceux qui restent et pour notre pays.

[MOMENT DE SILENCE]

Amen. Mes amis, l’heure est à l’épreuve. Nous sommes confrontés à une attaque contre notre démocratie et la vérité, à un virus qui fait rage, à des inégalités croissantes, à la douleur cinglante du racisme systémique, à la crise climatique, à la question du rôle de l’Amérique dans le monde. Ne serait-ce qu’un seul de ces problèmes constituerait un défi de taille. Mais le fait est que nous devons les affronter tous en même temps. C’est la plus grande responsabilité que cette nation ait jamais eu à assumer. Nous allons être mis à l’épreuve.

Allons-nous relever ce défi, tous ensemble ? C’est le moment de faire preuve d’audace, il y a tant à faire. Et c’est certain. Je vous le promets, nous allons être jugés, vous et moi, à l’aune de la façon dont nous surmontons les crises en cascades de notre époque. La question est de savoir si nous serons à la hauteur de la situation. Parviendrons-nous à surmonter cette période rare et difficile ?

Allons-nous faire face à nos responsabilités et transmettre à nos enfants un monde nouveau et meilleur ? Je pense que c’est ce que nous devons faire. Je suis convaincu que vous pensez la même chose. Je suis persuadé que nous allons réussir. Et lorsque nous aurons réussi, nous écrirons le prochain grand chapitre de l’histoire des États-Unis d’Amérique, l’histoire américaine, une histoire aux accents d’une chanson qui me tient à cœur. Cette chanson a pour titre American Anthem. Un de ses couplets revêt une importance particulière pour moi.

Voici ce qu’il dit : « Le travail et les prières des siècles nous ont menés jusqu’à ce jour. Que laisserons-nous à la postérité ? Que diront nos enfants ? Que je sache en mon cœur quand mes jours seront terminés. Amérique, Amérique, je t’ai donné le meilleur de moi-même. » Ajoutons… ajoutons notre propre travail et nos prières à l’histoire de notre grande nation.

Si nous agissons ainsi, à la fin de nos jours, nos enfants et les enfants de nos enfants diront de nous : « Ils ont fait de leur mieux, ils ont accompli leur devoir, ils ont pansé les plaies d’un pays brisé. » Mes compatriotes, je conclus cette journée comme je l’ai commencée, avec un serment sacré devant Dieu et devant vous tous. Je vous donne ma parole, je serai toujours honnête avec vous. Je défendrai la Constitution. Je défendrai notre démocratie. Je défendrai l’Amérique.

Et je me donnerai à fond à votre service, en pensant non pas au pouvoir, mais aux possibilités, non pas aux vexations personnelles, mais au bien public. Et ensemble, nous écrirons une histoire de l’Amérique pleine d’espoir, et non de peur. D’unité, et non de division. De lumière, et non d’obscurité. Une histoire de décence et de dignité, d’amour et de rétablissement, de grandeur et de bonté.

Que ce soit l’histoire qui nous guide, l’histoire qui nous inspire et l’histoire qui dira aux générations à venir que nous avons répondu à l’appel de l’Histoire, que nous avons su saisir le moment. Que la démocratie et l’espoir, la vérité et la justice n’ont pas disparu sous nos yeux, mais qu’ils se sont épanouis, que l’Amérique a protégé la liberté de son peuple et que, une fois encore, elle a servi de guide au reste du monde. C’est ce que nous devons à nos ancêtres, les uns aux autres, et aux générations à venir.

Avec résolution et détermination, nous prenons la responsabilité de ces tâches du moment, soutenus par la foi, animés par la conviction et dévoués les uns aux autres ainsi qu’au pays que nous aimons de tout notre cœur. Que Dieu bénisse l’Amérique et que Dieu protège nos soldats. Merci, l’Amérique.

FIN

12 h 13

Y Version originale du discours d’investiture de Joe Biden

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L’inoculation contre la variole de Louis XVI https://clio-texte.clionautes.org/louis-xvi-inoculation-contre-variole.html https://clio-texte.clionautes.org/louis-xvi-inoculation-contre-variole.html#respond Wed, 30 Dec 2020 14:58:18 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10391 Emmanuel de Croÿ, [1718-1784], prince de Solre et du Saint-Empire est un militaire français élevé au grade de Maréchal de France en 1783. Témoin de son temps, il laissa un Journal riche en anecdotes factuelles sur son siècle.  Dans cet extrait, l’auteur s’attarde sur la décision, révolutionnaire, de Louis XVI : l’inoculation  contre la variole quelques semaines après la mort de Louis XV, son prédécesseur, le 10 mai 1774. Cette décision prise certainement sur les conseils de Marie-Antoinette (elle-même avait été inoculée en 1768 sur ordre de sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse) est, à l’époque, très suivie et commentée. Le texte du duc de Croÿ témoigne ainsi de la méfiance généralisée envers les débuts de la vaccination en France mais aussi de la prise de conscience qui s’opère au sein de la famille royale après la mort de Louis XV.


L’inoculation contre la variole du roi Louis XVI

« Le 13 juin, à Saint-Omer, le duc d’Havré m’apprit bien des nouvelles ; la principale qui me frappa fort, été l’inoculation du Roi, en même temps que ses frères. On s’y attendait d’autant moins qu’on savait le Roi y être absolument opposé. Il avait dit, par-devant, qu’il aimerait mieux mourir. Se faire inoculer en même temps que ses deux frères dont les santés n’étaient pas bonnes ! Toutes nos ressources risquées à la fois, sans avoir de successeur ! Le Roi, prendre ce parti dans les plus grandes chaleurs, venant d’être Roi et de changer toute sa façon de vivre, travaillant sans cesse au lieu de chasser, et devant être échauffé, et le sang en révolution de tout cela ! Le tout par Richard, inoculateur peu connu et dans le même temps que plusieurs accidents ébranlaient les partisans de l’inoculation ! C’était, assurément, de quoi bien étonner les bons sujets du jeune Roi qui donnait de l’espérance !

Ces frères s’y étaient déterminés, peut-être outre le cruel exemple de la mort du Roi, par ce que les trois tantes en étaient revenues pour avoir été bien préparées ; on dit aussi que c’est la Reine qui l’y détermina aussi, cette pratique étant alors adoptée à la cour de Vienne et, en effet, dans toutes les Cours de l’Europe, hors, jusque-là, dans la Maison de Bourbon.[…]

L’inoculation du roi intéressait d’autant plus que son début était des plus heureux. […]

Cette inoculation générale de toutes nos ressources à la fois troublait la Nation zélée pour ce jeune maître pour qui on se passionnait. Comme il recevait assez facilement les mémoires, on lui en donna beaucoup pour l’en dissuader. Cela pouvait faire le mal de lui donner de l’inquiétude dans l’opération. Il marqua, sur cela, de la fermeté. Cependant l’inquiétude de la Nation fut bien marquée par le grand bercement subit des actions. Enfin, rien ne fit reculer […]. Voilà, avec ce que j’en ai dit si devant, des articles étonnants pour une Nation où cela n’avait pas encore pris beaucoup, au point même que la faculté de médecine était plutôt contre que pour. Nos trois princes à la fois, qui n’avaient pas d’enfants !

De plus on craignait qu’ils n’eussent pas un bien bon sang, et que le Roi devait être échauffé de son nouvel état et de son changement de vie. C’était sept jours après que devaient commencer les effets, et il fallait voir les suites. Au reste, si cela tournait bien, c’était de grandes inquiétudes de moins, et peut-être une révolution dans le Roi, qui pouvait lui faire faire des enfants, remarque qui pouvait avoir entré dans les vues justes de la Reine.

Toute la France fut donc en suspens et en crainte, surtout les provinces, où cette pratique n’avait pas pris.

Ce 18 juin, l’inoculation se fit sans beaucoup de préparation, mais cependant assez, par Richard qui eut parole de n’être pas troublé, et opérée par un chirurgien habitué à cela. On passa les fils dans les plus gros et beaux boutons d’un enfant de trois ans, dont on avait soigneusement étudié le tempérament, et ceux de ses père et mère ; et on passa de ces fils au bras du Roi et des autres, et aux deux bras de chacun.

Le roi est ferme, tranquille et sobre, et, ayant une fois pris son parti, quoique contre les premières impressions que lui avaient données Madame de Marsan et le duc de la Vauguyon, il ne montra pas d’inquiétude ; les autres un peu plus, mais peu. […]

Ayant été inoculés le 18 juin, ils furent tous, le 30 du même mois, hors d’affaires, et on ne donna plus de bulletins ».

Journal inédit du duc de Croÿ 1718 – 1784 publié d’après le manuscrit autographe conservé à la bibliothèque de l’Institut, avec introduction, notes et index par le vicomte de Grouchy et Paul Cottin,

4 volumes in 8°, Paris, Ernest Flammarion, 1906-1907. Extraits du tome III, pp. 123-127.

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La mort de Louis XV et la question de l’inoculation de la vérole https://clio-texte.clionautes.org/mort-de-louis-xv-et-inoculation-verole.html https://clio-texte.clionautes.org/mort-de-louis-xv-et-inoculation-verole.html#respond Wed, 30 Dec 2020 14:37:27 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10386  

Emmanuel de Croÿ, [1718-1784], prince de Solre et du Saint-Empire est un militaire français élevé au grade de Maréchal de France en 1783. Témoin de son temps, il laissa un Journal riche en anecdotes factuelles sur son siècle. L’extrait proposé revient ici sur l’annonce de la maladie de Louis XV (28 avril 1774) et la manière dont l’inoculation, seul moyen de lutter à l’époque contre la petite vérole, est perçue.

 

 


« A dix heures du soir, j’allai chez la duchesse de Cossé où on raisonnait beaucoup de tout cela, et, quoi qu’on en dit, les apparences nous paraissaient annoncer une vraie maladie. À dix heures et demie, j’allai chez la comtesse de Marsan où, étant entré, je fus étonné de la trouver tête à tête avec Madame. Je voulu sortir ; on me retint, et nous causâmes assez longtemps. À onze heures trente juste, on annonça un billet de la part de Madame la Dauphine. Madame, croyant qu’il était à elle, quoiqu’il fût adressé à Madame de Marsan l’ouvrit précipitamment et, jetant un grand cri, s’écria : « mon Dieu ! La petite vérole est déclarée ! ».

Le prince de Soubise arriva peu après, très consterné, et nous confirma cette nouvelle.

Une bonne demi-heure après que nous étions sortis de chez le Roi, et vers dix heures trente du soir, les médecins, en lui donnant à boire, crurent voire de la rougeur. […] Un quart d’heure après, ils revinrent et, sous différents prétextes, comme de voir la langue, ils examinèrent et trouvèrent l’éruption de la petite vérole déclarée. Ils envoyèrent chez la famille royale lui annoncer qu’elle ne devait plus entrer chez le roi, ni avoir de communication, personne ne l’ayant eu. On voulut savoir pourquoi, et, tout le monde le sachant, on ne pût le leur cacher, et la nouvelle s’en répandit d’abord. […]

Quand la nouvelle vint chez Madame de Marsan, de la déclaration de la petite vérole, on en marqua de la joie, craignant la fièvre maligne, et elle se récria contre l’inoculation qui répandait le germe dans l’air. Il paraît que cela aurait dû faire l’effet contraire car, hors de la Maison de Bourbon, toutes les familles royales de l’Europe se mettaient au-dessus de cette inquiétude par l’inoculation, et on peut juger de celle qu’on devait avoir, personne de la famille royale n’ayant eu cette dangereuse maladie ».

 

Journal inédit du duc de Croÿ 1718 – 1784 publié d’après le manuscrit autographe conservé à la bibliothèque de l’Institut, avec introduction, notes et index par le vicomte de Grouchy et Paul Cottin,

4 volumes in 8°, Paris, Ernest Flammarion, 1906-1907. Extraits du tome III, pp. 85-86.

Y L’inoculation contre la variole de Louis XVI

 

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«Lettre à Gemlich », premier écrit antisémite de Hitler en 1919 https://clio-texte.clionautes.org/lettre-a-gemlich-premier-ecrit-antisemite-hitler-1919.html https://clio-texte.clionautes.org/lettre-a-gemlich-premier-ecrit-antisemite-hitler-1919.html#respond Mon, 28 Dec 2020 20:27:42 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10299 La « lettre à  Gemlich »  est considérée à ce jour comme le plus  ancien témoignage écrit attestant  de l’antisémitisme radical d’Adolf Hitler. Rédigé en septembre 1919, soit 6  ans avant la publication de Mein Kampf, l’auteur affirme que le « but ultime doit être l’élimination sans compromis des Juifs ».

Nous avons fait ici le choix d’une traduction au plus près du texte original et du style de l’auteur, ce qui rend  la lecture de certains passages  un peu difficile. Le  contexte historique et la question de l’authenticité du document sont abordés à la suite du texte.


« La lettre à Gemlich » en français

Rapport à la direction (militaire) sur l’antisémitisme, dite « Lettre à Gemlich »

« Si le danger que représente aujourd’hui le Judaïsme pour notre peuple trouve son expression dans une aversion incontestable d’une grande partie de notre peuple, alors la cause de cette aversion ne doit généralement pas être recherchée dans la reconnaissance claire de l’activité pernicieuse consciemment ou inconsciemment systématique des Juifs comme communauté dans notre nation, mais elle advient surtout à travers des relations personnelles, sous l’impression que le Juif laisse derrière lui en tant qu’individu et qui est presque toujours défavorable.

En conséquence, l’antisémitisme ne prend que trop facilement le caractère d’un simple phénomène émotionnel.

Et pourtant, c’est inexact. L’antisémitisme en tant que mouvement politique ne doit pas et ne peut pas être déterminé par des sentiments, mais par la connaissance des faits.

Or voilà les faits :

Pour commencer, le Judaïsme est définitivement une race et non un groupe religieux. Et le Juif lui-même ne se décrit jamais comme un Allemand juif, un Polonais juif ou un Américain juif , mais toujours comme un Juif allemand, polonais ou américain. Le Juif n’a jamais pris des peuples étrangers au milieu desquels il vit que la langue.

Et tout aussi peu qu’un Allemand, forcé en France d’utiliser le français, en Italie l’italien et en Chine le chinois, ne devient pas Français, Italien ou même Chinois, le Juif qui vit parmi nous, par là même contraint d’utiliser la langue allemande, ne peut donc être nommé un Allemand. Et même la foi mosaïque, quelle que soit son importance pour la préservation de cette race, ne peut être exclusivement déterminante pour la question d’être Juif ou non-Juif. Il n’y a guère de race dont les membres appartiennent tous à une religion particulière.

Au cours de mille ans de consanguinité, souvent pratiquée dans le cercle le plus étroit, le Juif a généralement conservé sa race et ses caractéristiques plus nettement que les nombreux peuples parmi lesquels il vit. Et le résultat, c’est qu’une race étrangère non-allemande vit parmi nous, ni désireuse et ni en mesure de sacrifier ses caractéristiques raciales, de nier ses propres sentiments, reflexion et efforts, et qui a néanmoins les mêmes drotis politques que nous. Si le sentiment du Juif évolue dans le pur matérialisme, il en va de même pour sa reflexion et ses efforts. La danse autour du veau d’or devient une lutte sans merci pour tous ces biens qui, selon notre intuition profonde, ne devraient pas être les plus élevés ni les seuls à être recherchés sur cette terre.

La valeur de l’individu n’est plus déterminée par son caractère, l’importance de ses réalisations pour l’ensemble, mais exclusivement par l’importance de sa richesse, par son argent.

La grandeur de la nation ne doit plus être mesurée en fonction de la somme de ses pouvoirs moraux et spirituels, mais uniquement en fonction de la richesse de ses biens matériels.

Chaque pensée et effort est voué à l’argent, et au pouvoir qui le protège, ce qui rend les Juifs sans scrupules dans le choix des moyens et impitoyables dans leur utilisation.

Dans l’État autocratique, il pleurniche pour obtenir la faveur de sa «Majesté» le Prince et l’utilise comme une sangsue sur son peuple.

Dans une démocratie, il lutte pour obtenir la faveur des masses, rampe devant la «Majesté du peuple» alors qu’il ne connaît que la majesté de l’argent.

Il ruine la personnalité du Prince par une flatterie byzantine, la fierté nationale, la force d’un peuple, par le ridicule et l’éducation par un vice éhonté.

Son moyen de lutte est cette opinion publique qui n’est jamais exprimée par la presse, mais toujours guidée et falsifiée par elle.

Son pouvoir est le pouvoir de l’argent, qui augmente sans effort et sans fin entre ses mains sous forme d’intérêts, et impose aux peuples ce joug si dangereux par son éclat doré, dont il leur est si difficile de reconnaître ses tristes conséquences ultérieures.

Tout ce qui pousse les gens à rechercher des choses plus élevées, que ce soit la religion, le socialisme, la démocratie, tout n’est qu’un moyen pour parvenir à une fin, l’argent et le goût du pouvoir.

Les conséquences de ses actes conduisent à la tuberculose raciale des peuples.

Et de ceci découle ce qui suit : L’antisémitisme pour des raisons purement émotionnelles trouvera son expression ultime sous la forme de pogroms. Cependant, l’antisémitisme de la raison doit conduire à la lutte juridique systématique et à l’élimination des privilèges que possède le Juif, par opposition aux autres étrangers vivant parmi nous (soumis, eux, à la législation sur les étrangers). Alors, son objectif ultime doit être l’élimination sans compromis des Juifs. Seul un gouvernement animé d’une force nationale – et non un gouvernement impuissant – en est capable.

La République en Allemagne ne doit pas sa naissance à la volonté nationale unifiée de notre peuple, mais à l’exploitation rusée d’un certain nombre de circonstances qui, en résumé, se sont traduites par un profond mécontentement général. Cependant, ces circonstances étaient indépendantes de la forme de gouvernement et sont toujours en vigueur aujourd’hui. Et ce, encore plus qu’avant. Une grande partie de notre peuple reconnaît que la nouvelle forme de gouvernement en tant que telle ne peut pas changer et améliorer notre situation, mais qu’elle permet une renaissance des forces morales et spirituelles de la nation.

Et cette renaissance ne sera pas initiée par une direction d’État avec des majorités irresponsables sous l’influence de dogmes partisans, d’une presse irresponsable, de phrases et slogans imprégnés d’internationalisme, mais seulement gràce à l’action impitoyable de dirigeants à l’esprit national avec un sens profond de leurs responsabilités.

Ce fait, cependant, prive la République du soutien intérieur des pouvoirs spirituels si essentiels à la nation. Et donc les dirigeants de l’État d’aujourd’hui sont obligés de rechercher le soutien de ceux qui ont tiré et bénéficient encore exclusivement de la reconstruction des conditions allemandes, et qui, pour cette raison, étaient les forces motrices de la révolution, les Juifs. Indépendamment du danger du Judaïsme, qui est également clairement reconnu par les dirigeants d’aujourd’hui (les preuves en sont les différents discours de personnalités de premier plan actuelles), ceux-ci sont forcés d’accepter le soutien que les Juifs leur accordent volontairement pour leur propre bénéfice, et donc aussi d’y apporter la considération requise. Et ce service en retour ne consiste pas seulement à satisfaire toute exigence possible du Judaïsme en général, mais avant tout à prévenir le combat d’un peuple de frères trompé par la répression du mouvement antisémite.

Avec mon plus profond respect,

Signé Adolf Hitler


Le contexte historique 

La lettre dactylographiée de quatre pages, dite «lettre à Gemlich», a été rédigée par Hitler pendant son service d’appelé dans l’armée bavaroise après l’armistice du 11 nov, alors qu’il se livrait déjà à une propagande antisémite orale auprès de petits groupes de vétérans prisonniers de guerre, revenus de Russie. Elle a été rédigée à la demande d’Adolf Gemlich, un autre soldat qui s’occupait de la propagande antibolchévique à Ulm et sur les conseils d’un des ses supérieurs, le capitaine Karl Mayr, qui avait repéré les talents de propagandiste de Hitler. 

L’authentification de la lettre : 

Deux exemplaires de la lettre existent

L’une conservée à l’Institut d’Histoire contemporaine de Munich, bien connue des chercheurs et celle-ci, retrouvée en 1988 et finalement authentifiée en 2011, puis achetée aux enchères pour 150 000 $ par le Centre Simon Wisenthal de Los Angeles.

La lettre, dactylographiée, a posé plusieurs problèmes d’authenticité

En effet, les machines à écrire étaient rares et chères dans un pays dévasté ; d’autre part, les faux concernant Hitler sont légion. Le scepticisme était donc de rigueur jusqu’à ce qu’un expert des premiers écrits d’Hitler, Othmar Plöckinger, qui a travaillé sur la version annotée allemande de Mein Kampf, puisse comparer les deux exemplaires. Pour lui, c’est même l’original, celui des archives étant non signé. 

L’itinéraire de la lettre

Le rabbin Marvin Hier, fondateur et directeur du Centre Simon Wiesenthal, a produit des documents fournis par le vendeur, attestant que la lettre avait été trouvée par un soldat américain nommé William F. Ziegler,  et ce, lors des tous derniers mois de la guerre dans un bâtiment appartenant au parti nazi à Nuremberg.

la signature d’Hitler authentifiée

Quant à la signature, elle a été authentifiée en 1988 puis en 1990 par Charles Hamilton Jr., un expert en écriture manuscrite qui avait prouvé en 1983 que le journal d’Hitler était un faux.

Lettre à Gemlich Exemplaire acheté par le Centre Simon Wiesenthal de Los Angeles
La signature d’Adolf Hitler (AP)

C’est donc la première fois par écrit que 20 ans avant les débuts de la Shoah, on peut lire sous sa plume que « le but ultime sera l’élimination sans compromis des Juifs ». 

Pour Marvin Hier, la portée historique de cette lettre est d’autant plus forte qu’il n’existe aucun document signé de la main du Führer ordonnant la mise en œuvre de l’extermination des juifs.

Sources principales (en anglais) : 

The New York Times : https://www.nytimes.com/2011/06/03/world/europe/03iht-hitler03.html

Sources secondaires : 

BBC News : https://www.bbc.com/news/world-europe-13692755
Le Monde : https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2011/06/08/ecrits-de-jeunesse-une-lettre-antisemite-ecrite-par-adolf-hitler-en-1919-devoilee_5988526_4832693.html

Texte original de la lettre en allemand

Verhältnis der Regierung zur Judenfrage

Wenn die Gefahr die das Judentum für unser Volk heute bildet seinen Ausdruck findet in einer nicht wegzuleugnenden Abneigung großer Teile unseres Volkes, so ist die Ursache dieser Abneigung meist nicht zu suchen in der klaren Erkenntnis des bewußt oder unbewußt planmäßig verderblichen Wirkens der Juden als Gesamtheit auf unsere Nation, sondern sie entsteht meist durch den persönlichen Verkehr, unter dem Bindruck, den der Jude als einzelner zurückläßt und der fast stets ein ungünstiger ist. Dadurch erhält der Antisemitismus nur zu leicht den Charakter einer bloßen Gefühlserscheinung. Und doch ist dies unrichtig. Der Antisemitismus als politische Bewegung darf nicht und kann nicht bestimmt werden durch Momente des Gefühls, sondern durch die Erkenntnis von Tatsachen. Tatsachen aber sind:

Zunächst ist das Judentum unbedingt Rasse und nicht Religionsgenossenschaft. Und der Jude selbst bezeichnet sich nie als jüdischen Deutschen, jüdischen Polen oder etwa jüdischen Amerikaner, sondern stets als deutschen, polnischen oder amerikanischen Juden, Noch nie hat der Jude von fremden Völkern, in deren Mitte er lebt, viel mehr angenommen als die Sprache. Und so wenig ein Deutscher der in Frankreich gezwungen ist sich der franz. Sprache zu bedienen, in Italien der italienischen und in China der chinesischen, dadurch zum Franzosen, Italiener oder gar Chinesen wird, so wenig kann man einen Juden, der nunmal unter uns lebt, und, dadurch gezwungen, sich der deutschen Sprache bedient, deshalb einen Deutschen nennen. Selbst der mosaische Glaube kann, so groß auch seine Bedeutung für die Erhaltung dieser Rasse sein mag, nicht als ausschließlich bestimmend für die Frage, ob Jude oder Nichtjude gelten. Es gibt kaum eine Rasse, deren Mitglieder ausnahmslos einer einzigen bestimmten Religion angehören.

Durch tausendjährige Innzucht, häufig vorgenommen in engstem Kreise, hat der Jude im allgemeinen seine Rasse und ihre Eigenart schärfer bewahrt, als zahlreiche der Völker unter denen er lebt. Und damit ergibt sich die Tatsache, daß zwischen uns eine nichtdeutsche, fremde Rasse lebt, nicht gewillt und auch nicht im Stande, ihre Rasseneigenarten zu opfern, ihr eigenes Fühlen, Denken und Streben zu verleugnen, und die dennoch politisch alle Rechte besitzt wie wir selber. Bewegt sich schon das Gefühl des Juden im rein Materiellen, so noch mehr sein Denken und Streben. Der Tanz ums goldene Kalb wird zum erbarmungslosen Kampf um alle jene Güter, die nach unserm inneren Gefühl nicht die Höchsten und einzig erstrebenswerten auf dieser Erde sein sollen.

Der Wert des Einzelnen wird nicht mehr bestimmt durch seinen Charakter, der Bedeutung seiner Leistungen für die Gesamtheit, sondern ausschließlich durch die Größe seines Vermögens, durch sein Geld.

Die Höhe der Nation soll nicht mehr gemessen werden nach der Summe ihrer sittlichen und geistigen Kräfte, sondern nur mehr nach dem Reichtum ihrer materiellen Güter.

Aus diesem Fühlen ergibt sich jenes Denken und Streben nach Geld, nach Macht, die dieses schützt, das den Juden skrupellos werden läßt in der Wahl der Mittel, erbarmungslos in ihrer Verwendung zu diesem Zweck. Er winselt im autokratisch regierten Staat um die Gunst der „Majestät„ des Fürsten und mißbraucht sie als Blutegel an seinen Völkern.

Er buhlt in der Demokratie um die Gunst der Masse, kriecht vor der „Majestät des Volkes„ und kennt doch nur die Majestät des Geldes.

Er zerstört den Charakter des Fürsten durch byzantinische Schmeichelei, den nationalen Stolz, die Kraft eines Volkes, durch Spott und schamloses Erziehen zum Laster. Sein Mittel zum Kampf ist jene öffentliche Meinung, die nie ausgedrückt wird durch die Presse, wohl aber immer durch sie geführt und gefälscht wird. Seine Macht ist die Macht des Geldes, das sich in Form des Zinses in seinen Händen mühe- und endlos vermehrt, und den Völkern jenes gefährlichste Joch aufzwingt, daß sie seines anfänglichen goldigen Schimmers wegen so schwer in seinen späteren traurigen Folgen zu erkennen vermögen. Alles was Menschen zu Höherem streben läßt, sei es Religion, Sozialismus, Demokratie, es ist ihm alles nur Mittel zum Zweck, Geld und Herrschgier zu befriedigen.

Sein Wirken wird in seinen Folgen zur Rassentuberkulose der Völker.
Und daraus ergibt sich folgendes: Der Antisemitismus aus rein gefühlsmäßigen Gründen wird seinen letzten Ausdruck finden in der Form von Progromen [sic]. Der Antisemitismus der Vernunft jedoch muß führen zur planmäßigen gesetzlichen Bekämpfung und Beseitigung der Vorrechte des Juden, die er nur zum Unterschied der anderen zwischen uns lebenden Fremden besitzt (Fremdengesetzgebung). Sein letztes Ziel aber muß unverrückbar die Entfernung der Juden überhaupt sein. Zu beidem ist nur fähig eine Regierung nationaler Kraft und niemals eine Regierung nationaler Ohnmacht.

Die Republik in Deutschland verdankt ihre Geburt nicht dem einheitlichen nationalen Willen unseres Volkes, sondern der schlauen Verwertung einer Reihe von Umständen, die zusammengefaßt sich in tiefer allgemeiner Unzufriedenheit äußerten. Diese Umstände jedoch waren unabhängig von der Staatsform und sind auch heute noch wirksam. Ja mehr noch als früher. So erkennt denn auch schon ein großer Teil unseres Volkes, daß nicht die geänderte Staatsform als solche unsere Lage zu ändern und zu bessern vermag, sondern nur eine Wiedergeburt der sittlichen und geistigen Kräfte der Nation.

Und diese Wiedergeburt wird nicht in die Wege geleitet durch eine Staatsführung unverantwortlicher Majoritäten unter dem Einfluß bestimmter Parteidogmen, einer unverantwortlichen Presse, durch Phrasen und Schlagwörter internationaler Prägung, sondern nur durch rücksichtslosen Einsatz national gesinnter Führerpersönlichkeiten mit innerlichem Verantwortungsgefühl.

Diese Tatsache jedoch raubt der Republik die innere Unterstützung der vor allem so nötigen geistigen Kräfte der Nation. Und so sind die heutigen Führer des Staates gezwungen, sich Unterstützung zu suchen bei jenen, die ausschließlich Nutzen aus der Neubildung der deutschen Verhältnisse zogen und ziehen, und die aus diesem Grunde ja auch die treibenden Kräfte der Revolution waren, den Juden. Ohne Rücksicht auf die auch von den heutigen Führern sicher erkannte Gefahr des Judentums (Beweis dafür sind verschiedene Aussprüche derzeitig leitender Persönlichkeiten) sind sie gezwungen, die Ihnen zum eigenen Vorteil von den Juden bereitwillig gewährte Unterstützung anzunehmen, und damit auch die geforderte Gegenleistung zu bringen. Und dieser Gegendienst besteht nicht nur in jeder möglichen Förderung des Judentums überhaupt, sondern vor allem in der Verhinderung des Kampfes des betrogenen Volkes gegen seine Brüder, in der Unterbindung der antisemitischen Bewegung.

Mit vorzüglicher Hochachtung
gez. Adolf Hitler

 

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Le temps nous est compté https://clio-texte.clionautes.org/le-temps-nous-est-compte-kerry.html https://clio-texte.clionautes.org/le-temps-nous-est-compte-kerry.html#respond Wed, 23 Dec 2020 15:09:28 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10051 Le temps nous est compté…

[…] »Il a littéralement fallu des décennies pour parvenir à cet accord, produit glorieux du travail d’une diplomatie fondée sur les principes et, en fin de compte, prise de conscience profonde et partagée que nous sommes tous logés à la même enseigne.

Et après avoir quitté Paris, personne ne s’est reposé sur ses lauriers. En fait, le monde, unifié, a rapidement pris des mesures pour commencer le — pour mettre l’accord en vigueur de manière permanente, en atteignant le seuil de ratification de 55 pays représentant 55 pour cent des émissions mondiales et en y parvenant plus vite que le plus optimiste d’entre nous l’aurait prédit. Dans une déclaration retentissante de l’engagement du monde entier à cet accord, 109 pays représentant 75 pour cent des émissions se sont, en moins d’un an, officiellement engagés à prendre des mesures décisives et courageuses, et nous sommes déterminés à affirmer cette action et à nous y tenir après Marrakech.

Nous avons désormais établi — (applaudissements) — nous avons établi une base, reposant sur les objectifs décidés par les pays concernant le climat, 109 pays, chacun d’entre eux ayant proposé son propre plan, chacun de nous fixant des objectifs fondés sur nos capacités et notre propre situation. L’essentiel de cet accord est en fait les responsabilités communes mais différenciées. Il apporte un appui aux pays qui ont besoin d’aide pour atteindre leurs objectifs. Il ne laisse aucun pays affronter seul la tempête du changement climatique. Il rassemble un ensemble d’outils destinés à aider les pays en développement à investir dans l’infrastructure, la technologie et la science pour pouvoir réaliser la tâche. Il soutient les pays les plus vulnérables pour leur permettre de mieux s’adapter aux effets du climat auxquels un grand nombre de ces pays sont déjà confrontés. Enfin, il nous permet de renforcer nos ambitions progressivement, en parallèle au développement des technologies et à la baisse des prix des énergies propres. Ce point est fondamental : l’accord prévoit que les parties ajustent leurs engagements nationaux tous les cinq ans, afin de refléter le déploiement des nouvelles technologies et d’accélérer la transition mondiale vers une économie fondée sur les énergies propres.

Clef de voûte de notre accord, ce processus forme un cadre de référence conçu pour durer et établit un degré de responsabilité mondiale jamais vu auparavant. Mais je souhaite aussi vous dire que les progrès que nous avons réalisés cette année vont bien au-delà de ce qui était prévu par l’accord de Paris. Début octobre, l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté pour l’ensemble du secteur un accord prévoyant une croissance neutre en carbone. Pourquoi cela est-il important ? Parce que le transport aérien international n’était pas couvert par nos décisions de Paris, alors que le secteur, s’il était un pays, se placerait parmi les douze plus importants émetteurs de gaz à effet de serre au monde. Quelques semaines plus tard, j’ai eu le plaisir de me trouver à Kigali, au Rwanda, lorsque les représentants de près de 200 pays, là aussi, se sont réunis pour décider la diminution de l’utilisation mondiale d’hydrofluorocarbures ; son augmentation était prévue très rapide, avec un risque de dommages nettement plus importants que ce n’est le cas du dioxyde de carbone. À lui seul, l’accord de Kigali peut nous aider à éviter un demi-degré centigrade de réchauffement d’ici la fin du siècle, tout en ouvrant de nouvelles opportunités de croissance dans de nombreuses industries. Toutes ces mesures nous rapprochent des objectifs que nous devons absolument atteindre. Et, notamment parce que les dirigeants mondiaux ont pris conscience de l’énormité du défi, le monde commence à évoluer de manière concertée dans le sens d’un avenir fondé sur l’énergie propre.

Le marché mondial de l’énergie renouvelable a plus que sextuplé au cours des dix dernières années. Les investissements consacrés aux énergies renouvelables ont atteint un niveau record l’an dernier, à près de 350 milliards de dollars. Mais cela n’est qu’un aspect de la situation. Avec ces 350 milliards de dollars, c’est la première fois que les montants concernés sont supérieurs à ceux consacrés aux combustibles fossiles. Un demi-million de nouveaux panneaux solaires ont été installés en moyenne chaque jour l’année dernière. Et pour la première fois depuis l’ère pré-industrielle, le monde a investi davantage dans les technologies d’énergie renouvelable que dans les nouvelles centrales à combustibles fossiles, cela bien que les prix du pétrole, du gaz et du charbon soient plus faibles que jamais. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai vu cette transformation se confirmer dans mon propre pays. C’est la raison pour laquelle, du fait du marché, j’ai confiance en l’avenir quelle que soit la politique qui sera choisie. J’ai rencontré des dirigeants et des innovateurs du secteur de l’énergie à travers les Etats-Unis, et je suis enthousiasmé par la direction qu’ils ont prise. La production américaine d’énergie éolienne a triplé depuis 2008 et cela va continuer ; et la production d’énergie solaire a été multipliée par trente. Et la raison pour laquelle ces deux sources d’énergie vont poursuivre leur progression est que les décisions seront dictées par le marché, et non par le gouvernement. Je peux vous dire sans crainte de me tromper que les États-Unis, aujourd’hui même, sont bien partis pour atteindre tous les objectifs que nous avions fixés dans le cadre international, et que, du fait des décisions que le marché est en train de prendre, je ne pense pas que cette tendance puisse être inversée, ni qu’elle va l’être [applaudissements].

Cela dit, ces avancées sont dues en grande partie au leadership du président Obama, et également au fait que les partis ont collaboré dans un esprit bipartisan au sein du Congrès, en prenant décisions dans des domaines tels que les crédits d’impôt pour les énergies renouvelables. Ce leadership a aidé le secteur privé à réaliser des investissements ciblés. Aujourd’hui, nos émissions subissent une pression à la baisse parce que les forces de marché s’imposent progressivement dans le monde entier. Et c’est ce que nous nous étions engagé à faire à Paris. Lors de la conférence de Paris, aucun d’entre nous ne pensait que l’accord à lui seul permettrait d’atteindre un objectif de deux degrés. Mais nous avions conscience d’envoyer ce message fondamental au marché, et les entreprises ont répondu, comme je viens de le décrire. La plupart des responsables d’entreprise l’ont compris : investir dans l’énergie propre faite sens d’un point de vue financier. On peut gagner de l’argent. On peut faire ce qui est bien tout en prospérant. Il est également important de noter que le boom des énergies renouvelables ne se limite pas aux pays industrialisés. De fait, l’an dernier, les économies émergentes telles que la Chine, l’Inde et le Brésil ont investi davantage dans les technologies renouvelables que le monde développé ne l’a fait lui-même. A elle seule, la Chine a investi plus de 100 milliards de dollars. Au bout du compte, le marché de l’énergie propre devrait représenter plusieurs milliers de milliards de dollars, devenant ainsi le plus important marché jamais connu au monde. Et aucun pays ne pourra prospérer s’il ne participe pas au mouvement, en interdisant à ses nouvelles entreprises de bénéficier du boom des technologies propres.

Mes amis, nous sommes entrés dans une ère de développement accéléré des énergies renouvelables au niveau mondial et, de ce fait, les coûts de l’énergie propre sont déjà à parité avec ceux des combustibles fossiles dans de nombreux pays. À travers le monde, plusieurs millions de personnes travaillent aujourd’hui dans le secteur des énergies renouvelables. Et plusieurs millions d’emplois supplémentaires seront créés si nous faisons les bons choix. Les choses bougent donc favorablement. La courbe de l’énergie évolue dans le sens de la durabilité. Le marché prend manifestement la direction des énergies propres, et cette tendance ne peut que s’accentuer. Pour ceux d’entre nous qui se travaillent à ce défi depuis plusieurs dizaines d’années, nous avons véritablement atteint un point d’inflexion. Ceci est une cause d’optimisme, indépendamment des vicissitudes politiques et des évolutions constatées dans différents pays. Sans doute possible, la question aujourd’hui n’est pas de savoir si nous allons passer d’une économie basée sur l’énergie à une économie basée sur l’énergie propre : cette transition est déjà en cours. Aujourd’hui, la question est de savoir si nous aurons ou non la volonté d’aboutir. C’est bien là la question : allons-nous faire cette transition suffisamment rapidement pour prévenir des dommages catastrophiques.

Mesdames et Messieurs, mon rôle n’est pas d’annoncer des catastrophes comme le faisait Cassandre. Ce que je viens de vous dire le démontre. Mais je suis réaliste. Le temps nous est compté. Le monde évolue déjà à un rythme de plus en plus alarmant, avec des conséquences de plus en plus alarmantes. La COP s’est réunie au Maroc pour la dernière fois en 2001 ; les quinze années écoulées depuis comptent parmi les seize années les plus chaudes de l’histoire depuis que nous enregistrons des statistiques. 2016 sera la plus chaude de toutes. Depuis le début de l’année, chaque mois est un mois record. Et cette année ajoutera sa température record à la décennie la plus chaude de l’histoire connue, elle-même précédée de la deuxième décennie la plus chaude, précédée à son tour par la troisième décennie la plus chaude. À un moment où à un autre, même les plus sceptiques doivent reconnaître que quelque chose d’inquiétant est en train de se produire. Nous avons assisté partout à des sécheresses qui ont battu tous les records — de l’Inde au Brésil en passant par la côte ouest des États-Unis. Des tempêtes telles qu’il ne s’en produisait que tous les 500 ans sont en train de devenir presque banales. Ces dernières années, en moyenne 22,5 millions de personnes par an ont été déplacées à cause de phénomènes météorologiques extrêmes. Nous n’avions jamais vu cela au XXe siècle. Des communautés vivant dans des États insulaires, comme les Îles Fidji, ont déjà été obligées de prendre des mesures pour déménager définitivement, car les endroits où elles vivaient depuis des générations étaient devenus inhabitables. Et il y en existe beaucoup d’autres qui savent que ce n’est qu’une question de temps avant que les eaux océaniques ne commencent à inonder leurs villes. Je sais que ça fait beaucoup à digérer pour n’importe qui — c’est dur à accepter. C’est pour cette raison, ai-je constaté, que la meilleure façon d’essayer de comprendre, de savoir si les gens repoussent ou non les limites de la réflexion sur ce sujet, c’est de voir par soi-même ce qu’il en est. C’est ainsi que cet été je me suis rendu au Groenland pour visiter l’impressionnant glacier de Jakobshavn. Les scientifiques m’ont montré les lignes, désormais situées plusieurs mètres au-dessus du niveau de la mer, qui marquent le recul du glacier — recul qui a été plus important lors de ces 15 dernières années que pendant tout le XXe siècle. Et tant que j’y étais, j’ai embarqué sur un navire danois et j’ai navigué dans le fjord. J’ai vu les énormes blocs de glace qui venaient de tomber du glacier et qui allaient inexorablement fondre dans l’eau de mer. Comme ces blocs se détachent de l’inlandsis du Groenland, qui repose sur le socle rocheux, chaque morceau de glace contribue à la hausse du niveau marin. Depuis les années 1990, le rythme dramatique de cette fonte des glaces a presque triplé. Chaque jour, ce sont 86 millions de tonnes de glace qui ruissellent de ce fjord vers l’eau de mer. En fait, la quantité d’eau qui descend de ce glacier en une seule année suffirait à couvrir les besoins en eau de la ville de New York pendant vingt ans.

Mais les experts, au Groenland et ailleurs, m’ont toujours prévenu, et ils n’ont pas manqué de me prévenir à nouveau lors du voyage de cet été : si vous voulez vraiment comprendre ce qu’il se passe, en quoi consiste la menace, allez en Antarctique. En aucun autre point du globe les enjeux ne sont aussi cruciaux que dans cette terre située aux antipodes. Depuis un demi-siècle, les chercheurs travaillant sur le climat pensent que l’inlandsis ouest-antarctique est une épée de Damoclès qui menace notre mode de vie tout entier. En effet, si jamais il s’effondrait et fondait dans l’eau de mer, cela suffirait à élever le niveau marin global de quatre ou cinq mètres. Par ailleurs, les scientifiques que j’y ai rencontrés m’ont décrit comment la pression exercée par la glace, par la masse glaciaire, poussait vers le bas tout le continent de glace de façon à ce qu’il soit soudé au socle rocheux de la croûte terrestre. La fonte des glaces entraîne alors des infiltrations d’eau de mer plus chaude à la base du glacier, ce qui accélère le processus de fonte, déstabilisant le glacier. Or l’Antarctique contient des couches de glace qui à certains endroits, notamment dans l’inlandsis est-antarctique, sont épaisses de près de cinq kilomètres. Eh bien, si la totalité de cette glace venait à fondre au cours des siècles à venir, parce que nous nous sommes montrés irresponsables devant le changement climatique, alors le niveau de la mer s’élèverait de 30 à 60 mètres. Voilà pourquoi j’ai pris l’avion la semaine dernière pour me rendre à la base antarctique de McMurdo et mieux comprendre les phénomènes en cours. J’ai volé en hélicoptère au-dessus de l’inlandsis ouest-antarctique. J’ai marché sur la plate-forme glaciaire de la mer de Ross. J’ai également parlé avec les scientifiques qui sont sur le terrain, qui ne sont pas des gens engagés dans une activité politique au jour le jour, mais des gens qui élaborent une position scientifique grâce à leurs recherches approfondies. Et ils ont été très clairs : plus ils en savent, plus ils sont alarmés de la vitesse à laquelle les changements se produisent. Un chercheur néo-zélandais, Gavin Dunbar, estime que leurs observations de terrain sont comme « le canari des mines de charbon », suivant son expression. Il m’a averti que certains seuils, une fois franchis, constituaient des points de non-retour. Autrement dit, nous ne pouvons pas attendre trop longtemps avant de traduire les connaissances scientifiques dont nous disposons à ce jour en mesures politiques, indispensables pour relever ce défi. Ces scientifiques m’ont exhorté de rappeler à mon propre gouvernement, aux gouvernements du monde entier et à toutes les personnes qui m’écoutent que nos actions en ce jour — aujourd’hui même — étaient cruciales, parce que si nous ne sommes pas assez efficaces ou pas assez réactifs, les dégâts que nous causons pourraient bien mettre des siècles à être réparés — à supposer qu’ils soient encore réparables. Je le souligne aujourd’hui : nous n’aurons pas de seconde chance. En cas d’échec, dans la plupart des cas, les conséquences seraient irréversibles. Si nous laissons passer ce moment pour agir, il n’y aura pas de speech dans quelques décennies, qui pourra reconstituer les énormes calottes glaciaires fondues. Aucune capitale du monde n’a de baguette magique qui pourrait remplir tous les lacs et rivières qui vont s’assécher ou restaurer la fertilité des terres agricoles — des terres devenues arides. Et en aucun cas nous n’aurons le pouvoir d’arrêter les marées montantes qui vont engloutir nos rivages. C’est pourquoi nous devons faire les choses comme il faut, et nous devons les faire maintenant. […] « 

John Kerry, Remarks at the 22nd Conference of the Parties (COP22) to the United Nations Framework Convention on Climate Change, extrait du discours prononcé à Marrakech le 16 novembre 2016, traduction officielle.

L’intégralité du discours en français est disponible sur le site de l’ambassade des États-Unis ICI 

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Donald Trump : un climatoscepticisme assumé au nom du libéralisme https://clio-texte.clionautes.org/donald-trump-climatoscepticisme-assume-au-nom-du-liberalisme.html https://clio-texte.clionautes.org/donald-trump-climatoscepticisme-assume-au-nom-du-liberalisme.html#respond Tue, 22 Dec 2020 18:53:08 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=10030 Cet extrait constitue la seconde partie du discours prononcé par le Président des États-Unis Donald Trump, au climatoscepticisme assumé, lors du Forum Économique Mondial de Davos (Suisse) du 20 au 25 janvier 2020.  Cette partie du discours proposée ici dans sa version américaine officielle, suivie de sa traduction en français, a été largement commentée lors du forum et dans la presse internationale. Il permet d’appréhender les arguments d’une partie des climatosceptiques déconnectés de la nature et des réalités scientifiques, et accordant la priorité aux résultats économiques à court et moyen termes. L’étude du vocabulaire permet de saisir également comment Trump y intègre certaines valeurs traditionnelles américaines ( la liberté, la croyance en une mission des États-Unis à guider le monde) et en rejette d’autres.


 

[…] Our brand-new USMCA is the result of the broadest coalition ever assembled for a trade agreement.  Manufacturing, agriculture, and labor all strongly endorsed the deal.  And, as you know, it just passed in Congress overwhelmingly.  It shows how to solve the 21st century challenge we all face: protecting intellectual property, expanding digital trade, re-shoring lost jobs, and ensuring rising wages and living standards.

The United States has also concluded a great new trade deal with Japan — approximately $40 billion — and completely renegotiated our deal with South Korea.  We’re also negotiating many other transactions with many other countries.  And we look forward to negotiating a tremendous new deal with the United Kingdom.  They have a wonderful new Prime Minister and wants very much to make a deal, as they say.

To protect our security and our economy, we are also boldly embracing American energy independence.  The United States is now, by far, the number-one producer of oil and natural gas anywhere in the world, by far.  It’s not even close.

While many European countries struggle with crippling energy costs, the American energy revolution is saving American families $2,500 every year in lowering electric bills and numbers that people said couldn’t happen, and also, very importantly, prices at the pump.

We’ve been so successful that the United States no longer needs to import energy from hostile nations.  With an abundance of American natural gas now available, our European allies no longer have to be vulnerable to unfriendly energy suppliers either.  We urge our friends in Europe to use America’s vast supply and achieve true energy security.

With U.S. companies and researchers leading the way, we are on the threshold of virtually unlimited reserves of energy, including from traditional fuels, LNG, clean coal, next-generation nuclear power, and gas hydrate technologies.

At the same time, I’m proud to report the United States has among the cleanest air and drinking water on Earth — and we’re going to keep it that way.  And we just came out with a report that, at this moment, it’s the cleanest it’s been in the last 40 years.  We’re committed to conserving the majesty of God’s creation and the natural beauty of our world.

Today, I’m pleased to announce the United States will join One Trillion Trees Initiative being launched here at the World Economic Forum.  One Trillion Trees.  (Applause.)  And in doing so, we will continue to show strong leadership in restoring, growing, and better managing our trees and our forests.

[…] This is not a time for pessimism; this is a time for optimism.  Fear and doubt is not a good thought process because this is a time for tremendous hope and joy and optimism and action.

But to embrace the possibilities of tomorrow, we must reject the perennial prophets of doom and their predictions of the apocalypse.  They are the heirs of yesterday’s foolish fortune-tellers — and I have them and you have them, and we all have them, and they want to see us do badly, but we don’t let that happen.  They predicted an overpopulation crisis in the 1960s, mass starvation in the ’70s, and an end of oil in the 1990s.  These alarmists always demand the same thing: absolute power to dominate, transform, and control every aspect of our lives.

We will never let radical socialists destroy our economy, wreck our country, or eradicate our liberty.  America will always be the proud, strong, and unyielding bastion of freedom.

In America, we understand what the pessimists refuse to see: that a growing and vibrant market economy focused on the future lifts the human spirit and excites creativity strong enough to overcome any challenge — any challenge by far.

The great scientific breakthroughs of the 20th century — from penicillin, to high-yield wheat, to modern transportation, and breakthrough vaccines — have lifted living standards and saved billions of lives around the world.  And we’re continuing to work on things that you’ll be hearing about in the near future that, even today, sitting here right now, you wouldn’t believe it’s possible that we have found the answers.  You’ll be hearing about it.  But we have found answers to things that people said would not be possible — certainly not in a very short period of time.

But the wonders of the last century will pale in comparison to what today’s young innovators will achieve because they are doing things that nobody thought even feasible to begin.  We continue to embrace technology, not to shun it.  When people are free to innovate, millions will live longer, happier, healthier lives.

For three years now, America has shown the world that the path to a prosperous future begins with putting workers first, choosing growth, and freeing entrepreneurs to bring their dreams to life.

For anyone who doubts what is possible in the future, we need only look at the towering achievements of the past.  Only a few hundred miles from here are some of the great cities of Europe — teeming centers of commerce and culture.  Each of them is full of reminders of what human drive and imagination can achieve.

Centuries ago, at the time of the Renaissance, skilled craftsmen and laborers looked upwards and built the structures that still touch the human heart.  To this day, some of the greatest structures in the world have been built hundreds of years ago.

In Italy, the citizens once started construction on what would be a 140-year project, the Duomo of Florence.  An incredible, incredible place.  While the technology did not yet exist to complete their design, city fathers forged ahead anyway, certain that they would figure it out someday.  These citizens of Florence did not accept limits to their high aspirations and so the Great Dome was finally built.

In France, another century-long project continues to hold such a grip on our hearts and our souls that, even 800 years after its construction, when the Cathedral of Notre Dame was engulfed in flames last year — such a sad sight to watch; unbelievable site, especially for those of us that considered it one of the great, great monuments and representing so many different things — the whole world grieved.

Through[Though] her sanctuary now stands scorched and charred — and a sight that’s hard to believe; when you got used to it, to look at it now, hard to believe.  But we know that Notre Dame will be restored — will be restored magnificently.  The great bells will once again ring out for all to hear, giving glory to God and filling millions with wonder and awe.

The Cathedrals of Europe teach us to pursue big dreams, daring adventures, and unbridled ambitions.  They urge us to consider not only what we build today, but what we will endure long after we are gone.  They testify to the power of ordinary people to realize extraordinary achievements when united by a grand and noble purpose.

So, together, we must go forward with confidence, determination, and vision.  We must not be timid, or meek, or fearful — but instead we must boldly seize the day and embrace the moment.  We have so many great leaders in this room — not only business leaders, but leaders of nations — and some are doing such a fantastic job.  We work together very closely.  We will draw strength from the glories of the past, and we will make greatness our common mission for the future.

Together, we will make our nations stronger, our countries safer, our culture richer, our people freer, and the world more beautiful than ever before.

Above all else, we will forever be loyal to our workers, our citizens, and our families — the men and women who are the backbone of our economies, the heart of our communities, and the soul of our countries.  Let us bring light to their lives one by one and empower them to light up the world.

Thank you very much.  God bless you.  God bless your countries.  And God bless America.  Thank you.  Thank you very much.  (Applause.)

Extrait du discours intitulé « Remarks by President Trump at the World Economic Forum / Davos, Switzerland » prononcé le 21 janvier 2020

Source : Site de la Maison Blanche


Voici ici la version française que je vous propose (si vous voyez une erreur de traduction n’hésitez pas à la signaler).

« Notre tout nouvel accord l’ACEUM est le résultat de la plus large coalition jamais réunie pour un accord commercial. La manufacture, l’agriculture et le travail ont tous fortement approuvé l’accord. Et, comme vous le savez, il vient d’être adopté massivement par le Congrès. Il montre comment résoudre le défi du XXIe siècle auquel nous sommes tous confrontés : protéger la propriété intellectuelle, développer le commerce numérique, rééquilibrer les emplois perdus et garantir une augmentation des salaires et du niveau de vie.

Les États-Unis ont également conclu un nouvel accord commercial important avec le Japon – pour environ 40 milliards de dollars – et renégocié totalement notre accord avec la Corée du Sud. Nous négocions également de nombreuses autres transactions avec de nombreux autres pays. Et nous avons hâte de négocier un nouvel accord formidable avec le Royaume-Uni. Ils ont un nouveau Premier Ministre formidable et, comme ils nous l’ont dit, ils veulent vraiment conclure un accord, comme on dit.

Pour protéger notre sécurité et notre économie, nous adoptons aussi hardiment l’indépendance énergétique américaine. Les États-Unis sont maintenant, de loin, le premier producteur de pétrole et de gaz naturel au monde, de loin. Ce n’est même pas terminé.

Alors que de nombreux pays européens sont aux prises avec des coûts énergétiques qui les handicapent, la révolution énergétique américaine permet aux familles américaines d’économiser 2500 dollars chaque année en réduisant leurs factures d’électricité et des chiffres qui, selon les gens, ne pourraient pas se produire, et, très important, les prix à la pompe ont baissé.

Nous avons connu un tel succès que les États-Unis n’ont plus besoin d’importer de l’énergie de pays hostiles. Avec une abondance de gaz naturel américain désormais disponible, nos alliés européens n’ont plus à être vulnérables aux fournisseurs d’énergie hostiles. Nous exhortons nos amis européens à utiliser les énormes réserves américaines et à parvenir à une véritable sécurité énergétique.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que les États-Unis se joindront à l’initiative «Un billion d’arbres» lancée ici au Forum économique mondial. Un billion d’arbres. (Applaudissements.) Et ce faisant, nous continuerons de faire preuve d’un leadership fort pour restaurer, faire pousser et mieux gérer nos arbres et nos forêts.

Ce n’est pas le moment d’être pessimiste. C’est le moment de l’optimisme. Pour embrasser les possibilités de demain, nous devons rejeter les éternels prophètes du malheur et leurs prédictions apocalyptiques

Mais pour embrasser les possibilités de demain, nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l’apocalypse. Ils sont les héritiers des folles diseuses de bonne aventure d’hier – et je les ai et vous les avez, et nous les avons tous, et ils veulent nous voir nous tromper, mais nous ne laissons pas cela se produire. Ils ont prédit une crise de surpopulation dans les années 60, une famine de masse dans les années 70 et la fin du pétrole dans les années 90. Ces alarmistes exigent toujours la même chose : le pouvoir absolu de dominer, de transformer et de contrôler tous les aspects de notre vie.

Nous ne laisserons jamais les socialistes radicaux détruire notre économie, anéantir notre pays ou éradiquer notre liberté.

En Amérique, nous comprenons ce que les pessimistes refusent de voir : qu’une économie de marché croissante et dynamique axée sur l’avenir soulève l’esprit humain et excite la créativité de manière suffisamment forte pour surmonter n’importe quel défi – n’importe quel défi lointain.

Les grandes avancées scientifiques du XXe siècle – de la pénicilline au blé à haut rendement, en passant par les transports modernes et les vaccins révolutionnaires – ont amélioré le niveau de vie et sauvé des milliards de vies dans le monde. Et nous continuons à travailler sur des choses dont vous entendrez parler dans un proche avenir et que, même aujourd’hui, assis ici en ce moment, vous ne croiriez pas qu’il est possible que nous ayons trouvé les réponses. Vous en entendrez parler. Mais nous avons trouvé des réponses à des choses qui, selon les gens, ne seraient pas possibles – certainement pas dans un laps de temps très court.

Mais les merveilles du siècle dernier pâliront par rapport à ce que les jeunes innovateurs d’aujourd’hui réaliseront parce qu’ils font des choses que personne ne pensait même réalisables. Nous continuons à adopter la technologie, pas à l’éviter. Lorsque les gens sont libres d’innover, des millions de personnes vivront plus longtemps, plus heureuses et en meilleure santé.

Depuis trois ans maintenant, l’Amérique a montré au monde que le chemin vers un avenir prospère commence par donner la priorité aux travailleurs, choisir la croissance et libérer les entrepreneurs pour qu’ils réalisent leurs rêves.

Pour quiconque doute de ce qui est possible à l’avenir, il suffit de se pencher sur les réalisations majeures du passé. À quelques centaines de kilomètres d’ici se trouvent quelques-unes des grandes villes d’Europe – des centres de commerce et de culture foisonnants. Chacune d’elle est pleine de rappels de ce que la motivation humaine et l’imagination peuvent accomplir.

Il y a des siècles, à l’époque de la Renaissance, des artisans et des ouvriers qualifiés ont regardé vers le haut et ont construit les structures qui touchent encore le cœur humain. À ce jour, certaines des plus grandes structures du monde ont été construites il y a des centaines d’années.

En Italie, les citoyens ont une fois commencé la construction de ce qui serait un projet de 140 ans, le Dôme de Florence. Un endroit incroyable, incroyable. Bien que la technologie n’existait pas encore pour achever leur idée, les pères de la ville ont quand même progressé, certains qu’ils le comprendraient un jour. Ces citoyens de Florence n’ont accepté aucune limite à leurs hautes aspirations et c’est ainsi que le Grand Dôme a finalement été construit.

En France, un autre projet centenaire continue à avoir une telle emprise sur nos cœurs et nos âmes que, même 800 ans après sa construction, lorsque la cathédrale Notre-Dame a été engloutie par les flammes l’année dernière – un spectacle si triste à regarder ; site incroyable, en particulier pour ceux d’entre nous qui le considéraient comme l’un des grands, grands monuments et représentant tant de choses différentes – le monde entier était affligé.

Bien que son sanctuaire soit désormais brûlé et calciné – et c’est un spectacle difficile à croire ; quand vous vous y êtes habitué, à le regarder maintenant, difficile à croire. Mais nous savons que Notre-Dame sera restaurée – elle sera magnifiquement restaurée. Les grandes cloches sonneront à nouveau pour que tous les entendent, rendant gloire à Dieu et remplissant des millions d’émerveillement et de crainte.

Les cathédrales d’Europe nous apprennent à poursuivre de grands rêves, des aventures audacieuses et des ambitions débridées. Ils nous exhortent à considérer non seulement ce que nous construisons aujourd’hui, mais ce que nous endurerons longtemps après notre départ. Ils témoignent du pouvoir des gens ordinaires de réaliser des réalisations extraordinaires lorsqu’ils sont unis par un objectif grand et noble.

Ainsi, ensemble, nous devons avancer avec confiance, détermination et vision. Nous ne devons pas être timides, ni doux, ni craintifs – mais au lieu de cela, nous devons saisir hardiment le jour et saisir le moment. Nous avons tellement de grands dirigeants dans cette salle – non seulement des chefs d’entreprise, mais aussi des dirigeants de nations – et certains font un travail tellement fantastique. Nous travaillons en étroite collaboration. Nous tirerons notre force des gloires du passé et nous ferons de la grandeur notre mission commune pour l’avenir.

Ensemble, nous rendrons nos nations plus fortes, nos pays plus sûrs, nos cultures plus riches, nos peuples plus libres et le monde plus beau que jamais.

Par-dessus tout, nous serons à jamais fidèles à nos travailleurs, nos citoyens et nos familles – les hommes et les femmes qui sont l’épine dorsale de nos économies, le cœur de nos communautés et l’âme de nos pays. Éclairons leur vie une par une et donnons-leur les moyens d’éclairer le monde.

Merci beaucoup. Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse vos pays. Et que Dieu bénisse l’Amérique. Je vous remercie. Merci beaucoup. (Applaudissements.)

Réchauffement climatique : le point de vue de l’Église catholique

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Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes (extrait) https://clio-texte.clionautes.org/sentiment-de-la-nature-dans-les-societes-modernes.html https://clio-texte.clionautes.org/sentiment-de-la-nature-dans-les-societes-modernes.html#respond Mon, 21 Dec 2020 19:48:23 +0000 https://clio-texte.clionautes.org/?p=9999 Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes, selon Élisée Reclus

 

« Une proportion considérable des négocians et des employés, surtout en Angleterre et en Amérique, installent bravement femmes et enfans à la campagne et se condamnent eux-mêmes à faire deux fois par jour le trajet qui sépare le comptoir du foyer domestique. Grâce à la rapidité des communications, des millions d’hommes peuvent cumuler ainsi les deux qualités de citadin et de campagnard, et chaque année le nombre des personnes qui font ainsi deux moitiés de leur vie ne cesse de s’accroître. Autour de Londres, c’est par centaines de mille que l’on doit compter ceux qui plongent tous les matins dans le tourbillon d’affaires de la grande ville et qui retournent tous les soirs dans leur paisible home de la banlieue verdoyante. La Cité, le vrai centre du monde commercial, se dépeuple de résidents ; le jour, c’est la ruche humaine la plus active ; la nuit, c’est un désert.
Malheureusement ce reflux des villes vers l’extérieur ne s’opère pas sans enlaidir les campagnes : non seulement les détritus de toute espèce encombrent l’espace intermédiaire compris entre les cités et les champs ; mais, chose plus grave encore, la spéculation s’empare de tous les sites charmants du voisinage, elle les divise en lots rectangulaires, les enclôt de murailles uniformes, puis y construit par centaines et par milliers des maisonnettes prétentieuses. Pour les promeneurs errant par les chemins boueux dans ces prétendues campagnes, la nature n’est représentée que par les arbustes taillés et les massifs de fleurs qu’on entrevoit à travers les grilles. Sur le bord de la mer, les falaises les plus pittoresques, les plages les plus charmantes sont aussi en maints endroits accaparées soit par des propriétaires jaloux, soit par des spéculateurs qui apprécient les beautés de la nature à la manière des changeurs évaluant un lingot d’or. Dans les régions de montagnes fréquemment visitées, la même rage d’appropriation s’empare des habitants : les paysages sont découpés en carrés et vendus au plus fort enchérisseur ; chaque curiosité naturelle, le rocher, la grotte, la cascade, la fente d’un glacier, tout, jusqu’au bruit de l’écho, peut devenir propriété particulière. Des entrepreneurs afferment les cataractes, les entourent de barrières en planches pour empêcher les voyageurs non-paysans de contempler le tumulte des eaux, puis, à force de réclames, transforment en beaux écus sonnants la lumière qui se joue dans les gouttelettes brisées et le souffle du vent qui déploie dans l’espace des écharpes de vapeurs.

Puisque la nature est profanée par tant de spéculateurs précisément à cause de sa beauté, il n’est pas étonnant que dans leurs travaux d’exploitation les agriculteurs et les industriels négligent de se demander s’ils ne contribuent pas à l’enlaidissement de la terre. Il est certain que le « dur laboureur » se soucie fort peu du charme des campagnes et de l’harmonie des paysages, pourvu que le sol produise des récoltes abondantes ; promenant sa cognée au hasard dans les bosquets, il abat les arbres qui le gênent, mutile indignement les autres et leur donne l’aspect de pieux ou de balais. De vastes contrées qui jadis étaient belles à voir et qu’on aimait à parcourir sont entièrement déshonorées, et l’on éprouve un sentiment de véritable répugnance à les regarder. D’ailleurs il arrive souvent que l’agriculteur, pauvre en science comme en amour de la nature, se trompe dans ses calculs et cause sa propre ruine par les modifications qu’il introduit sans le savoir dans les climats. De même il importe peu à l’industriel, exploitant sa mine ou sa manufacture en pleine campagne, de noircir l’atmosphère des fumées de la houille et de la vicier par des vapeurs pestilentielles. Sans parler de l’Angleterre, il existe dans l’Europe occidentale un grand nombre de vallées manufacturières dont l’air épais est irrespirable pour les étrangers ; les maisons y sont enfumées, les feuilles même des arbres y sont revêtues de suie, et quand on regarde le soleil, c’est à travers une brume épaisse que se montre presque toujours sa face jaunie. Quant à l’ingénieur, ses ponts et ses viaducs sont toujours les mêmes, dans la plaine la plus unie ou dans les gorges des montagnes les plus abruptes ; il se préoccupe non de mettre ses constructions en harmonie avec le paysage, mais uniquement d’équilibrer la poussée et la résistance des matériaux ».

Élisée Reclus, « Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes« , extrait de La Revue des deux mondes, Paris, 73ème volume, mai-juin 1866, livraison du 15 mai 1866, p. 377.

Note : l’orthographe du texte d’origine est respectée, la source du document, réédité de nombreuses fois, provient de l’édition d’origine.

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