Ferhat Abbas : « La France c’est moi »
Vous êtes ici : Histoire contemporaine J. XXe siècle - Chemins de la décolonisation Débats sur la colonisation, non-alignés et Tiers-monde

Ferhat Abbas : « La France c’est moi »

Dominique Chathuant
mardi 21 février 2017

Avant de devenir l’auteur en 1943 du manifeste du peuple algérien, Ferhat Abbas, pharmacien de Sétif, fut influencé par la culture assimilationniste du mouvement des Jeunes-Algériens. Sa foi assimilationniste disparut sous Vichy, lorsqu’il se heurta de nouveau à une fin de non-recevoir. Son texte de 1936 rappelle que l’Algérie en tant qu’État-Nation ne préexiste pas à l’Empire colonial.

« Si j’avais découvert la « nation algérienne », je serais nationaliste... Et cependant je ne mourrai pas pour la « patrie algérienne », parce que cette patrie n’existe pas. Je ne l’ai pas découverte. J’ai interrogé l’histoire, j’ai interrogé les vivants et les morts ; j’ai visité les cimetières : personne ne m’en a parlé. Sans doute ai-je trouvé « l’Empire arabe » , l’Empire musulman », qui honorent l’islam et notre race. Mais ces empires sont éteints. Ils correspondaient à l’Empire latin et au Saint-Empire romain germanique de l’époque médiévale. Ils sont nés pour une époque et une humanité qui ne sont plus les nôtres . . . Nous avons donc écarté une fois pour toutes les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays. »

Ferhat Abbas, L’Entente, 23 février 1936, cité par Youssef Girard, « Assimilation et séparatisme dans le mouvement nationaliste algérien au milieu des années 1930 », Ahmed Boubeker et Abdellali Hajjat (dir.), Histoire politique des immigrations (post)coloniales en France (1920-2008), Paris, Éditions d’Amsterdam, 2008, p. 47-48.
Les rubriques

Clio Texte 2017

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour Clio Texte.

Hébergement Clio Texte par