L’exemple anglais - Women’s suffrage
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L’introduction du suffrage universel féminin :

L’exemple anglais - Women’s suffrage

Thomas Figarol
samedi 7 novembre 2015

Aux alentours de 1865, beaucoup de choses commencent à bouger en Europe, particulièrement en Angleterre. Les femmes, exaspérées de ne pas voir leur avis compter dans les décisions politiques et sociales, revendiquent auprès du gouvernement les droits de vote des femmes. Grâce à leurs efforts, elles l’obtiennent pour les conseils municipaux et de comtés, mais ceci ne leur suffit pas.

Assoiffées par le désir de l’égalité politique entre les deux sexes, elles créent des associations au début du XXe siècle. La plus importante, la WSPU (union sociale et politique des femmes en 1903) prend le dessus sur les autres. Elle ne fait pas seulement pression sur le gouvernement, mais elle agit.

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Des femmes surgissent lors des réunions importantes et dérangent l’assemblée en réclamant leurs droits ; ou encore, elles organisent des défilés à travers Londres où elles assiègent le Parlement, les ministères et les domiciles des ministres. Lorsqu’elles sont arrêtées par la police, elles vont même jusqu’à frapper les policiers afin d’être incarcérées et pouvoir ensuite faire la grève de la faim. Et une fois malades et relâchées, elles récidivent.

Tout ceci pendant des années sans jamais avoir droit à ce qu’elle demandent.

Ce n’est qu’en 1918 que la loi tant réclamée est finalement promulguée par le Premier Ministre Asquith, convaincu de cette nécessité par l’arrêt du chantage et des violences. Il émit cependant une restriction : seules les femmes de plus de 30 ans ont le droit de vote, contrairement aux hommes qui l’ont dès 21 ans. Cette restriction se verra tout de même abolie dix ans plus tard (en 1928, les femmes de 21 ans obtiennent le droit de vote ) sous le Premier Ministre travailliste Stanley Baldwin.

Une manifestation de suffragettes décrite par Emmeline Pankhurst, fondatrice du Women’s Social and Political Union (WSPU), et organisatrice de la manifestation.

« Quelles que fussent les dispositions prises par la police pour empêcher nos manifestations, elles n’aboutissent à rien, parce que, chaque fois, nous savions exactement ce que la police allait faire, alors qu’elle était incapable de prévoir ce que nous allions faire. Il était exactement cinq heures et demie lorsque [...] nous avons jeté des pierres, quatre, à travers les vitres des fenêtres de la résidence du Premier ministre. Comme nous nous y attendions, on nous arrêta rapidement [...] L’heure qui suivit restera longtemps gravée dans la mémoire des Londoniens. Toutes les 15 minutes, des femmes qui s’étaient portées volontaires pour la manifestation firent ce qu’elles devaient. D’abord, les vitres volèrent en éclat à Haymarket et à Piccadilly, ce qui alarma et effraya beaucoup de piétons et la police. Un grand nombre de femmes furent arrêtées, et tout le monde pensa que l’affaire en resterait là. Mais [...] le sinistre bruit de vitres recommença, cette fois, des deux côtés de Regent Street et du Strand. Il s’ensuivit une course furieuse de la police et de la foule vers la 2ème scène d’action. Pendant que leur attention était retenue par ce qui se passait dans ce quartier, un 3ème commando de femmes se mirent à briser les vitres dans Oxford Circus et Bond Street. La manifestation se termina pour ce jour à six heures et demie avec l’éclatement de nombreuses vitres dans le Strand. »

Source : Emmeline Pankhurst, Ma propre histoire, 1914, in Langlois, G. Villemure, Histoire de la civilisation occidentale, Beauchemin, 2012, p. 273.

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