Indépendance du Chili

Le 18 septembre 1810, le Conseil municipal de Santiago destitua le gouverneur espagnol et délégua son pouvoir à une assemblée de 7 personnes. C’est le début de la lutte pour l’indépendance qui va durer une quinzaine d’années.

La désunion des insurgés permit aux Espagnols de reprendre le contrôle du pays après leur victoire de Rancagua (1-2 octobre 1814). Bernardo O’Higgins, chef des patriotes en fuite, devint alors le lieutenant de San Martin. C’est l’armée de San Martin, venant d’Argentine et franchissant les Andes en hiver 1817, qui permit à Bernardo O’Higgins, le « libertador », de battre les royalistes (Espagnols et partisans de l’Espagne) le 12 février 1817, à la bataille de Chacabuco. Nommé après cette victoire par la junte de Santiago « Directeur suprême de la nation », O’Higgins, toujours avec l’aide de l’armée de San Martin, chassa les Espagnols du sud du pays grâce à la victoire de Maipú (5 avril 1818). Il resta le premier dictateur du Chili jusqu’en 1823.

Les Espagnols furent définitivement chassés du pays en 1826.

Il a fallu encore une guerre entre le Chili et l’Espagne (1865-1866) pour que les Espagnols ne remettent plus en cause l’indépendance chilienne.

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Le décret qui nous donna le nom de Chiliens

Près de soixante jours après la bataille de Maipú, nous qui sommes nés au Chili commençâmes à nous nommer Chiliens. Ce fut notre première lettre de citoyenneté et s’étendit à tous les indigènes ou indiens du pays.
Ainsi le stipule un décret daté du 3 juin 1818 à Santiago et publié dans la Gazette Ministérielle du Chili, le 20 de ce même mois. Son texte est le suivant :

« Après la glorieuse proclamation de notre Indépendance, obtenue grâce au sang de ses défenseurs, il serait honteux de permettre l’usage de formules inventées par le système colonial.

L’une d’entre elles est de désigner par espagnols ceux qui, par leur sang, ne sont pas liés à d’autres races, jusqu’à maintenant dites mauvaises [Indiens]. Etant donné que nous ne dépendons plus de l’Espagne, nous ne devons pas nous appeler Espagnols, mais Chiliens. Par conséquent, j’ordonne que dans tout texte juridique, qu’il s’agisse de preuves dans des procès criminels, de pureté du sang [lignage], de publications de bans de mariage, de certificats de baptême, de confirmation, d’union matrimoniale ou d’enterrement, en lieu et place des termes Espagnol originaire de tel endroit, en vigueur jusqu’à présent, on substitue ceux-ci : Chilien originaire de tel endroit ; on remarquera en outre, au sujet de la formule qui distingue les classes, qu’il n’y a pas lieu de faire de différence par rapport aux Indiens, que l’on doit nommer Chiliens conformément à ce qui a été dit plus haut.

Que ce droit soit transcrit à Monseigneur le Gouverneur de l’Evêché, afin qu’il le communique aux Cures de ce Diocèse, en les chargeant de le faire observer; qu’il soit aussi communiqué aux corporations et juges d’Etat concernés ; étant bien entendu que toute infraction représentera une adhésion déficiente au système de l’Amérique et constituera un motif suffisant pour ouvrir un procès infamant sur le comportement politique du contrevenant et lui appliqué les sanctions qu’il mérite. »

Promulgué par Bernardo O’higgins Riquelme »

Traduction française du texte en espagnol de la page http://www.turismochile.com/historia/h5.htm
du site national touristique du Chili par Thomas Hofer (élève du groupe 210 au collège de Saussure, 2001) et son père.

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Proclamation de Simon Bolivar

Bolivar a gagné peu avant à la bataille de Cúcuta le 28 février 1813.

Au début de la “Campagne admirable” pour l’indépendance du Vénézuéla le 14 mai 1813, Bolivar franchit la frontière vénézuélienne : ses troupes traversent le rio Tachira. Comme toujours en de telles circonstances, il lance une proclamation :

« Soldat !… Vos armes libératrices sont parvenues jusqu’au seuil du Venezuela qui voit déjà sous votre égide l’une de ses cités renaître à l’existence. En moins de deux mois, vous avez achevé deux campagnes et vous en commencez une troisième, dont c’est ici le point de départ et qui se terminera dans la pays auquel je dois la vie. Républicains fidèles, vous irez délivrer le berceau de l’indépendance colombienne comme les Croisés délivrèrent autrefois Jérusalem, berceau du christianisme.

Au seul éclat de vos armes, les légions espagnoles disparaîtront des champs vénézuéliens comme se dissipent les ténèbres aux rayons du soleil.

Vaillants soldats de Carthagène et de l’Union, c’est de vous que l’Amérique tout entière attend son salut et son affranchissement. Courez achever de combler votre gloire en méritant le sublime renom de libérateurs du Venezuela ! »

Trouvé dans Tersen, G., Simon Bolivar, Paris, le club français du livre, 1961 (ch. 2 «Carthagène et la Nouvelle-Grenade» pp.80-81).