« Pour les ancêtres germains, la liberté consistait à rester Allemands, conduire leurs affaires en toute indépendance, conformément à leur esprit originel, progresser dans leur propre culture d’après ces mêmes principes et transmettre cette autonomie à leur postérité ; quant à l’esclavage, c’était pour eux l’acceptation de toutes les belles choses que les Romains leur offraient, acceptation signifiait esclavage parce qu’ils auraient cessé d’être toutr à fait Allemands, pour devenir à moitié Romains. Il allait donc de soi, pensaient-ils, qu’il valait mieux mourir que d’en être réduits là, et qu’un vrai Allemand ne peut vivre que pour rester allemand et transmettre à ses descendants le même désir.

(…) C’est à eux, à leur langue et à leur manière de penser que nous sommes redevables, nous, les plus directs héritiers de leur sol, d’être encore des Allemands (…) C’est à eux que nous sommes redevables de tout notre passé national et, s’il n’en est pas fini de nous, tant qu’il restera dans nos veines une dernière goutte de leur sang, c’est à eux que nous devrons tout ce que nous serons à l’avenir. »

Fichte, Discours à la nation allemande, 1807-1808, 8e discours.

Le génie allemand

« Le génie étranger éparpillera des fleurs dans les sentiers battus et tissera un gentil manteau à la sagesse de la vie qu’il prendra volontiers pour de la philosophie ; l’esprit allemand au contraire ouvrira de nouvelles mines ; il fera pénétrer la lumière et le jour dans les abîmes et fera sauter d’énormes masses de pensées dont les âges futurs se serviront pour construire des demeures. Le génie étranger sera l’abeille qui, adroite et industrieuse, butine le miel… Mais l’esprit allemand sera l’aigle, qui d’une aile puissante, enlève son corps pesant, et, d’un vol vigoureux et longuement exercé, monte de plus en plus haut pour se rapprocher du soleil dont la contemplation l’enchante. »

Fichte, Discours à la nation allemande, 1807-1808, 8e discours.