Dans l’Athènes classique, la mistophorie était le versement d’une indemnité (misthos/μισθός) permettant à un citoyen pauvre d’assister à l’Ecclésia, à l’Héliée ou à la Boulé en compensation d’une journée de travail perdue. Tardieu (1876-1945) qui siège au centre-droit dans les années 1920-1930 (le groupe des Républicains de gauche est au centre-droit, à droite de la Gauche radicale), aborde ce sujet de la rémunération parlementaire dans un ouvrage où il critique les institutions de la Troisième République.

Tract recto-verso pour deux conférences de Tardieu en mai-juin 1936 (coll. DC)
Tract recto-verso pour deux conférences de Tardieu en mai-juin 1936 (coll. DC)

Issu de la grande bourgeoisie et fort d’un passé de collaborateur de Clemenceau, il est président du Conseil à trois reprises en 1930 et 1932. A la fin de la décennie, prenant ses distances avec le parlement et le régime parlementaire, il livre dans La Révolution à refaire une réflexion sur la démocratie parlementaire qui constitue plus tard une des sources d’inspiration de de Gaulle. L’ouvrage est divisé en deux volumes : le Souverain captif et la profession parlementaire. Dans l’extrait présenté ici, Tardieu décrit à la fois  l’inconvénient et la nécessité de l’indemnité parlementaire. Celle-ci a en effet le défaut de contribuer à faire de la représentation nationale une profession. Elle est cependant rendue nécessaire par les besoins de la fonction et la possibilité qu’elle offre à chacun d’être élu sans être d’un milieu aisé. Tardieu cite également l’exemple du parlement de Westminster où l’indemnité, supprimée sous les Tudor, est rétablie en 1911. On sait que les élites britanniques, moins soucieuses que les Français, d’apparaître égalitaristes, regardent alors avec mépris cette institution qui favorise l’accès des moins aisés au parlement, soutient l’indépendance parlementaire et fait reculer la corruption.

 

 

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