Publié le 8 décembre 1864, il s’agit d’un recueil de 80 propositions des principales doctrines contemporaines condamnées par Pie IX. Les propositions du Syllabus étaient extraites des « allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques de Pie IX ». Certaines propositions, isolées des documents d’où elles avaient été tirées, prenaient un accent provocant et agressif, comme si Pie IX avait voulu manifester la rupture absolue de l’Eglise avec le monde contemporain. Ce texte sera exploité par les anticléricaux et inquiéta les catholiques libéraux.

(informations trouvées dans Michel Mourre, « Dictionnaire encyclopédique d’histoire », éd. Larousse-Bordas, 1996, art « Syllabus », p. 5331-32)

 » I. Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu […]
II. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde. […]

II. Rationalisme modéré
XI. L’Église […] ne doit, dans aucun cas, intervenir contre la philosophie […].

III. Indifférentisme, latitudinarisme
XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison. […]
XVIII. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne […].

IV. Socialisme, communisme, sociétés secrètes, sociétés bibliques, sociétés clérico-libérales
Ces erreurs sont à plusieurs reprises condamnées dans les termes les plus graves par l’encyclique Qui pluribus, du 9 novembre 1846 […] ; par l’encyclique Notis et Nobiscum, du 8 décembre 1849 ; [par d’autres encycliques]

V. Erreurs relatives à l’Église et à ses droits
XX. […] il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l’Église et les limites dans lesquelles elle peut les exercer. […]
XXIV. L’Église n’a pas le droit d’employer la force ; elle n’a aucun pouvoir temporel direct ou indirect. […]
XXXVIII. Les nombreux actes arbitraires des Pontifes romains ont poussé à la division de l’Église orientale et occidentale. […]

VI. Erreurs relatives à la société civile, considérée soit en elle-même, soit dans ses rapports avec l’Église
XXXIX. L’État, étant l’origine et la source de tous les droits, jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite. […]
XLII. En cas de conflit légal entre les deux pouvoirs, le droit civil prévaut. […]
XLVII. La bonne constitution de la société civile demande que les écoles populaires […] soient affranchies de toute autorité de l’Église […].
LV. L’Église peut être séparée de l’État, et l’État séparé de l’Église

VII. Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne
LXIII. Il est permis de refuser l’obéissance aux princes et même de se révolter contre eux. […]

VIII. Erreurs concernant le mariage chrétien
LXVI. Le sacrement du mariage n’est qu’un accessoire du contrat […].

IX. Erreurs sur le pouvoir temporel du Pontife romain
LXXVI. L’abrogation du pouvoir temporel dont le Saint-Siège est en possession servirait, même beaucoup, à la liberté et au bonheur de l’Église. […]

X. Erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne
LXXVII. À notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État […].
LXXX. Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et faire un compromis avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.  »