A la (dé)faveur des mouvements sociaux de la fin de l’année 2018, certains réseaux tout aussi sociaux ont relancé avec le bruit et l’odeur qui les caractérisent un certain genre de disqualifications et autres mises au pilori fondées sur l’affirmation – implicitement accusatrice et, partant, difficilement attaquable, sauf appréciation extrinsèque – que tel ou tel a travaillé pour une banque dont le seul nom est sans doute aux yeux de certains la preuve du crime rituel et du complot. Georges Pompidou eut droit au même couplet lorsqu’il remplaça Michel Debré à Matignon en 1962.  La LICA, fondée en  1928[1], s’en faisait l’écho dans le Droit de vivre.

DC

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« M. Pompidou est venu remplacer M. Debré à l’hôtel Matignon comme Premier ministre du 2e gouvernement de la Ve République.

Sur cet avènement – qui n’est pas un événement – on a épilogué. Certains journaux, et non des moindres à gauche, ont publié l’information sous une grosse manchette : « Le directeur général de la banque Rothschild à la tête du gouvernement ».

Vous voyez d’ici l’astuce.

Du moment que le Premier  ministre dirigeait la banque Rothschild, c’est donc la banque Rothschild qui va diriger le gouvernement.

C’est-à-dire la banque juive.

Donc … »

 

« Le bout de l’oreille », Le Droit de vivre, n°304, 15 mai 1962, p. 2.

 

[1] Elle devient LICRA en 1979 mais utilise depuis 1944 le nom « Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ».