Le 22 juin 1636, le Shogun Iemitsu donnait les instructions suivantes aux deux bugyo – gouverneurs – de Nagasaki

«1. Aucun navire japonais n’est autorisé à partir vers d’autres pays.
2. Aucun Japonais ne doit se rendre secrètement à l’étranger. Quiconque le tentera sera mis à mort ; le navire et son propriétaire seront saisis jusqu’à ce que les hautes autorités aient été informées.
3. Tout japonais vivant actuellement à l’étranger qui essaiera de revenir au Japon sera mis à mort.
4. Si un chrétien est découvert, vous ferez tous deux une enquête complète.
5. Toute personne qui révélera la résidence d’un bateren [père jésuite] recevra 2 à 300 pièces d’argent. Si d’autres catégories de chrétiens sont découvertes, les informateurs seront récompensés comme vous le jugerez bon, selon ce qui a été fait jusqu’ici.
6. Tout navire étranger qui se présentera devra être surveillé par des navires fournis par le han d’Omura pendant qu’un rapport sera transmis à Edo, comme il a été fait jusqu’ici.
7. Tout étranger qui aidera les bateren ou autres criminels étrangers sera emprisonné à Omura, comme il a été fait jusqu’ici.
8. On recherchera avec soin les bateren sur tous les navires arrivant dans le port.
9. Aucun enfant des Barbares du Sud [désigne les Européens] ne sera autorisé à rester au Japon. Quiconque violera cet ordre sera mis à mort, et les parents punis selon la gravité du délit.
10. Tout Japonais ayant adopté un enfant des Barbares du Sud mériterait mort. Cependant de tels enfants adoptés et les parents adoptifs seront remis aux Barbares du Sud pour être déportés.
11. Tout déporté qui tentera de revenir ou de communiquer avec la Japon par lettre ou autrement sera naturellement mis à mort si l’on peut se saisir de lui, tandis que ses parents seront traités sévèrement, selon la gravité du délit.
12. Les samurais ne sont pas autorisés à entretenir des relations commerciales directes avec les marchands étrangers ou chinois à Nagasaki.
13. Personne, en dehors des « cinq villes » [Edo, Kyoto, Osaka, Sakaï – le port d’Osaka – et Nagasaki] n’est autorisé à participer à l’itowappu [la vente de soie en gros aux guildes des négociants en soie] et à la fixation des prix de la soie. »

Jean Lequiller, Le Japon, Paris, Sirey, 1966, p 30.

Voir aussi dans Clio-Texte, François-Xavier au Japon et la fin de la fermeture en 1854 .