Pline l’Ancien (23-79 ap. J.-C.) a été un véritable encyclopédiste. Appartenant à l’ordre équestre, il a, durant sa carrière, exercé des commandements militaires et des procuratèles. Il a trouvé la mort lors de l’éruption du Vésuve, en 79 de notre ère. Esprit curieux de tout et grand érudit, il a rédigé plus de 500 volumes. De cette immense somme de travail, seule subsiste aujourd’hui son Histoire naturelle en 37 livres publiée en 77.
Dans le livre II figure un court commentaire sur la canicule, « qui attise la chaleur du soleil ». Le petit extrait souligne les effets ravageurs de « cet astre (canicula signifie « petite chienne » et désigne l’étoile Sirius) » qui parviendrait même à faire « s’agiter » les vins dans les caves et rendre les chiens encore plus enragés !
« XL (107) Qui donc ignore que le lever de la Canicule attise la chaleur du soleil ? Les effets de cet astre sont les plus considérables qui soient ressentis sur terre : quand il se lève, les mers bouillonnent, les vins s’agitent dans les caves, et les eaux stagnantes se mettent en mouvement. En Égypte, on appelle « Oryx » un animal sauvage qui, prétend-on, se tient face à lui à son lever et le contemple, comme s’il l’adorait, après avoir éternué. En tout cas il ne fait aucun doute que, pendant toute cette durée, les chiens sont particulièrement sujets à la rage ».
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre II, XL (107), Bibliothèque de La Pléiade, p. 95, extrait.


