Aristote (384-322 av.J.-C.) dans son œuvre immense, a rédigé des écrits traitant de la biologie. L’Histoire des Animaux, ouvrage en dix livres, est, selon J.Tricot (Traducteur de l’Histoire des Animaux aux éditions J.Vrin, pour une édition de 1987), « avant tout un recueil documentaire, fruit d’une information et d’une exploration méthodiquement dirigées à travers le monde vivant ».
Travail de classification des êtres vivants, l’Histoire des Animaux évoque également le « caractère » des femmes et des hommes. Le court extrait retenu se révèle être d’une effroyable misogynie, en présentant la femme comme « plus compatissante que l’homme et plus sujette aux larmes », « plus jalouse et plus portée à se plaindre, à crier des injures ou à frapper » ou encore comme « plus effrontée et plus trompeuse »...
« Dans toutes les espèces où il y a mâle et femelle, la nature a distingué d’une façon à peu près uniforme le caractère de la femelle de celui du mâle. Mais cette différence est particulièrement manifeste dans l’espèce humaine, ainsi que chez les animaux de grande taille et les quadrupèdes vivipares : dans ces espèces, la femelle a un caractère plus doux, elle s’apprivoise plus rapidement, elle accepte plus volontiers les caresses, et elle est plus docile pour apprendre. Ainsi, les chiennes de Laconie ont un meilleur naturel que le mâle. (…). Les femelles sont toujours plus timides que les mâles, sauf chez l’ours et la panthère, où c’est la femelle qui semble avoir le plus de courage. Dans toutes les autres espèces, la femelle est plus douce et plus malicieuse, moins simple, plus impulsive, et plus attentive à l’éducation des petits ; le mâle, tout au contraire, a plus de bravoure, plus de férocité, plus de simplicité et moins de rouerie. Les traces de ces différents traits de caractère se montrent pour ainsi dire chez tous les animaux, mais davantage chez ceux dont le caractère est plus développé, et tout spécialement chez l’homme : car c’est lui qui a la nature la plus achevée, et par suite c’est chez les hommes que ces dispositions se manifestent avec le plus de clarté. De là vient que la femme est plus compatissante que l’homme et plus sujette aux larmes ; elle est aussi plus jalouse et plus portée à se plaindre, à crier des injures ou à frapper. Elle est en outre plus prompte au découragement que l’homme, et elle se désespère plus facilement ; elle est plus effrontée et plus trompeuse ; elle est aussi plus facile à abuser, et sa mémoire est plus fidèle. J’ajoute qu’elle est plus éveillée et plus timide, et, d’une manière générale, elle est plus lente à agir que l’homme et elle a besoin de moins de nourriture. Le mâle est plus prompt à porter secours à sa femelle, et, comme nous l’avons dit, plus courageux aussi. On le voit même chez les mollusques : quand on frappe du harpon une seiche, si c’est une femelle le mâle vient à son secours, tandis que si c’est un mâle qui est frappé, la femelle s’enfuit ».
Aristote, Histoire des animaux, IX, 1 (traduction de J.Tricot).


