Émile Morlot, député radical de 1896 à 1907 :

«En vain prétend-on que l’égalité civile accordée à la femme a pour corollaire nécessaire son émancipation politique. C’est méconnaître absolument le rôle de la femme dans l’humanité. Destinée à la maternité, faite pour la vie de famille, la dignité de sa situation sera d’autant plus grande qu’elle n’ira point la compromettre dans les luttes de forum et dans les hasards de la vie publique. Elle oublierait fatalement ses devoirs de mère et d’épouse, si elle abandonnait le foyer pour courir à la tribune (…) On a donc parfaitement raison d’exclure de la vie politique les femmes et les personnes qui, par leur peu de maturité d’esprit, ne peuvent prendre une part intelligente à la conduite des affaires publiques.»

Rapport présenté par le sénateur Alexandre Bérard en 1919 sur plusieurs propositions de loi tendant à accorder aux femmes l’électorat et l’éligibilité :

«Les mains des femmes sont-elles bien faites pour le pugilat de l’arène publique ? Plus que pour manier le bulletin de vote, les mains de femmes sont faites pour être baisées, baisées dévotement quand ce sont celles des mères, amoureusement quand ce sont celles des femmes et des fiancées : … séduire et être mère, c’est pour cela qu’est faite la femme.»

Au Sénat, en 1922

Le sénateur Régismanset, Président de la Commission : «Je suis féministe : j’estime et j’aime la femme autant que quiconque […] Mais c’est dans son intérêt que je lui refuse le droit de vote et d’éligibilité et que je ne consens pas à la jeter dans les mêlées électorales.

Je crois émettre une vérité première digne de M. de Lapalisse en disant que l’immense majorité des femmes se soucient beaucoup plus de savoir ce qui se portera cet hiver que de la réorganisation de l’armée ou de la péréquation des impôts […] Or, il y a des suffragettes qui viennent nous affirmer : les Françaises veulent donner leur avis sur les questions politiques, diplomatiques, économiques ; elles en ont assez d’être traitées en sœurs inférieures ; cela m’étonne, car, lorsque trois femmes sont réunies, elles se mettent aussitôt à parler chiffons […] Ouvrez un journal, si j’ose dire corporatif. Lisez la petite correspondance de ces revues de mode, auxquelles sont abonnées nos travailleuses, petites bourgeoises de la province, vous savez ce coin charmant et confidentiel ou  » jeune maman embarrassée  » demande à  » sentimentale désabusée  » une recette infaillible pour faire disparaître les tâches de rousseur et conserver les haricots verts. Là, ces dames sont entre elles ; elles ne songent ni à se taire, ni à se méfier, et elles confessent ingénument leurs petits secrets. A chaque ligne, vous trouverez la femme en révolte ouverte contre nos disciplines. Écoutez ces conseils funestes à la sûreté de l’État que « Renoncule rose » donne tranquillement à « Sensitive curieuse » : « A partir de trente ans, une femme ne peut que diminuer son prestige en faisant connaître son âge. En inscrivant son âge sur une carte, elle s’expose à de fâcheuses mésaventures. Une femme doit profiter des avantages que lui donne l’apparence de la jeunesse. Donc, mesdames, n’avouez jamais ». Notre collègue M. Fernand Merlin a déposé un amendement qui ferait commencer à trente ans l’époque de capacité électorale pour la femme. Dans ce cas, si l’article dit vrai, il n’y aura pas de femmes électrices avant qu’elles aient atteint l’approche de la cinquantaine. »

Le sénateur Massabuau, lors de la séance du 21 novembre 1922 : «C’est qu’en effet, en majorité, les femmes qui réclament le suffrage universel savent tout faire, sauf une chose : les enfants. Ce ne sont pas les mères qui réclament le suffrage universel, ce sont celles qui veulent se jeter dans l’arène électorale.»