Documents sur la révolution hongroise

Les bottes de la statue de Staline abattue lors de l’insurrection de Budapest, en 1956, conservées aujourd’hui à Memento Park. —–>

Allocution radiodiffusée du cardinal Mindszenty (3 novembre 1956)

« Nous désirons vivre en toute amitié avec tous les peuples et tous les pays… Nous voulons vivre en bonne amitié avec les grands Etats-Unis aussi bien qu’avec le tout-puissant Empire russe, et nous voulons être en relation de bon voisinage avec Prague, Bucarest, Varsovie et Belgrade… Nous sommes neutres. Nous ne donnons à l’Empire russe aucune raison de faire couler le sang. Mais est-ce que l’idée n’est jamais venue aux chefs de l’Empire russe que nous aurions un plus grand respect du peuple russe s’il ne nous opprimait pas ? D’habitude, c’est l’attaqué qui se précipite sur l’ennemi. Nous n’avons pas attaqué la Russie et nous espérons sincèrement qu’elle retirera très bientôt ses forces de Hongrie… Maintenant il nous faut des élections libres, sans tromperies, dans lesquelles tous les partis pourront être candidats. Ces élections devraient se dérouler sous contrôle international. J’use de toute mon autorité pour mettre en garde les Hongrois contre toute querelle de partis et toute mésentente après ces jours de magnifique union.»

Appel de Imre Nagy (4 novembre 1956, 4h20)

« Ici Imre Nagy, Président du Conseil. Aujourd’hui à l’aube, les troupes soviétiques ont déclenché une attaque contre la capitale avec l’intention évidente de renverser le gouvernement légal de la démocratie hongroise. Nos troupes combattent. Le gouvernement est à son poste. J’en avertis le peuple hongrois et le monde entier. »

Appel de l’Union des écrivains hongrois (4 novembre 1956, 6h56)

« Ici l’Union des écrivains hongrois ! A tous les écrivains du monde, à toutes les fédérations de savants ou d’écrivains, à toutes les académies et associations scientifiques, à l’intelligentsia du monde entier ! Nous demandons à chacun de vous, votre aide et votre soutien. Il n’y a pas un instant à perdre. Vous savez ce qui se passe. Il est inutile d’en dire plus long. Aidez la Hongrie ! Sauvez les écrivains, les savants, les ouvriers, les paysans de Hongrie et notre intelligentsia ! Au secours ! Au secours ! Au secours !»

Discours de Janos Kadar (4 novembre 1956, matinée)

« Bien que des progrès aient été faits au cours des douze dernières années, la clique Rakosi-Gero a commis de nombreuses fautes graves et a sérieusement violé la légalité. Tout cela a mécontenté à juste titre les travailleurs. Les réactionnaires cherchent maintenant à utiliser ce mécontentement à leur profit… En exploitant les erreurs commises dans l’édification de notre système démocratique populaire, les éléments réactionnaires ont fourvoyé de nombreux travailleurs honnêtes, des jeunes surtout, qui se sont joints au mouvement animés des meilleures intentions patriotiques… Nous devons mettre un terme aux excès de la contre-révolution. »

Appel du gouvernement ouvrier et paysan (4 novembre 1956, 21h)

« Les événements du 4 novembre ont amené la complète déroute des forces réactionnaires en Hongrie. Le gouvernement d’Imre Nagy qui avait ouvert le chemin à la contre-révolution s’est effondré et n’existe plus… Les forces socialistes du peuple hongrois, conjointement avec les troupes soviétiques appelées pour les défendre, se sont dévouées aux tâches entreprises par le gouvernement révolutionnaire ouvrier et paysan».

Source : « La révolte de la Hongrie, d’après les émissions de radio hongroises, octobre-novembre 1956 », Paris, Horay, 1957.