Aux XVIe-XVIIe, l’Église de la contre-réforme s’attaque aux croyances populaires, les répertorie au besoin et brûle les « sorcières » après les avoir étranglées.

Oiseaux de bon et de mauvais augure

«Quand les pies jacassent dessus une maison, c’est de très mauvaises nouvelles; mais si les moineaux y jacassent ou font leur nid, c’est signe de bon air et de bonne fortune»

Fouquart de Cambray, Duval Antoine, Jean d’Arras, Les Évangiles des quenouilles, recueil traduit du picard, Bruges, Colart Mansion, 1475 dans Les Évangiles des quenouilles, présentés et traduits de l’ancien français par Jacques Lacarrière, Imago, 1987.


Sorcières du Cambrésis : une offensive de la contre réforme contre les croyances populaires campagnardes

Aldegonde de Rue, brûlée en 1601

«Aldegonde de Rue, veuve de Simon Grotart, étoit venue un jour crier qu’elle vouloit avoir des restes de nourriture. Grégoire Florut répondit que si elle en vouloit, il y en avoit assez sur le fumier. Ce voyant, Aldegonde s’en retourna en grommelant. Un demi-jour plus tard, l’un des chevaux de Grégoire Florut devint subitement malade et mourut comme enragé. Grégoire Florut dit qu’Aldegonde avoit fait mourir le cheval à cause de ce refus.»


Procès de Gilliette Claquebert, femme de Luc de Seins, 40 ans fille de Catherine Salmon, 1er mars 1624

«Gilliette Claquebert, âgée de 40 ans, sorcière depuis plusieurs années, est coupable d’avoir, à la demande d’un diable qu’elle nomme Jacquet, renoncé à Dieu. Ce diable l’aurait marquée sur l’épaule gauche et elle aurait eu plusieurs rapports charnels avec lui. Elle est coupable d’avoir été à la danse nocturne avec d’autres sorcières et d’avoir reçu de son diable de la poudre pour faire des maléfices, avec laquelle elle a confessé avoir fait mourir une vache. Pour ces causes, ladite Gilliette Claquebert est condamnée à être étranglée puis son corps à être brûlé.»

Arch. dép. du Nord (AD59 ; Robert Muchembled, Sorcières du Cambrésis, l’acculturation du monde rural aux XVIe-XVIIe siècles, dans Marie Sylvie Dupont-Bouchat, Willem Frijhoff, Robert Muchembled (dir.), Prophètes et sorciers dans les Pays-Bas, XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Hachette, coll. «Le Temps et les hommes», 1979.


Croyances beauceronnes

«Si une fille est en peine de savoir qui elle épousera, elle n’a qu’à troubler de la main l’eau d’un seau qu’elle aura tiré d’un puits ou d’une fontaine en disant certaines paroles, et elle verra dans cette eau celui qu’elle aura en mariage.

Si le maître du logis meurt, il faut jeter toute l’eau qui est dans les seaux, de crainte que son âme s’y étant baignée, on en boive ses péchés.»

Jean-Baptiste Thiers, curé du diocèse de Chartres, Traité des superstitions, 1679 ; François Lebrun, «Le traité des superstitions de Jean-Baptiste Thiers : contribution à l’ethnographie de la France du XVIIe siècle», Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, vol. 83, n°31976, p. 443-465.