» Le travailleur, misérable sans doute au commencement du siècle, a vu sa condition matérielle très améliorée. Considérable par elle-même, la hausse des salaires journaliers a d’autant plus de prix qu’elle coïncide avec une réduction du nombre des heures de travail (…). Dès 1900, la moyenne effective était descendue à dix heures et demie (…) .

Le progrès est certain, et pourtant la situation générale de l’ouvrier n’a pas cessé d’être difficile. Presque jamais, le nombre des journées de travail ne dépasse 290 ; exceptionnellement, les chômages abaissent ce nombre à 170. Même dans le cas le plus favorable, la rémunération moyenne de l’ouvrier industriel reste limitée à 1800 F par an pour la capitale, à 1130 F pour la province, à 1200 F pour l’ensemble de la France. Ce dernier chiffre correspond à 100 F par mois (…). Quant à l’ouvrière, elle se trouve dans une situation vraiment attristante, avec 75 F par mois à Paris, 50 F ailleurs.  »

Source : A. Picard, Bilan d’un siècle (1801-1900).