K. Pomeranz, Une grande divergence, FMSH, 2010

Productions cotonnières chinoise et européennes

«Que donne une comparaison avec les chiffres de l’Europe ? La consommation du Royaume-Uni (Irlande comprise), en 1800, semble avoir été d’environ 3,94 kilos par tête de coton, laine, soie et lin réunis […] La production linière de la France dans les années 1780 était sans doute d’environ 3,12 kilos par tête, et celle du coton se montait à un insignifiant 136 grammes […] Les données pour la laine n’existent qu’en yards carrés (un yard égalant 91 cm) et non en livres ou kilos, et une conversion d’une certaine précision dépend du type de tissu fabriqué; mais en recourant à un taux relativement sûr, vers 1800 la production s’élève a 0,530 kilo par personne et par an […] Il est donc probable que la production textile par tête de la France à la veille de la Révolution était comparable à notre estimation la plus haute pour la Chine, et d’un tiers de plus que notre estimation la plus basse. Pour l’Allemagne, les premiers chiffres (trouvés) suggèrent une production textile nettement plus basse que celle de la Chine : la production lainière en 1816 ne représentait […] que 498 grammes par personne, celle du coton en 1836 seulement 272 grammes par tête, et celle du lin en 1850 environ 1,5 kilo par tête, soit un total de 2,267 kilos de textiles per capita. Sans aucun doute, les importations de tissus en provenance de l’Angleterre donnaient une consommation par tête plus importante en Allemagne; mais il semble néanmoins probable que les Allemands du début du XIXe siècle utilisaient moins de tissu chaque année que le Chinois moyen, trois quarts de siècle auparavant. Et l’Allemagne, bien sûr, était encore bien loin de représenter la partie la plus pauvre de l’Europe […] tandis que nos estimations pour la Chine englobent les parties les plus lointaines et pauvres de l’empire. Il semble donc que la consommation de textiles en Chine soutenait fort bien la comparaison avec celle de l’Europe entre le milieu et la fin du XVIIIe siècle.»

Kenneth Pomeranz, Une grande divergence, La Chine, l’Europe et la construction de l’économie mondiale, Albin Michel, « L’évolution de l’humanité », Maison des Sciences de l’Homme, 2010, p. 193-494.


Productions cotonnières des Indes et du Lancashire

Trevor O. Lloyd, The British Empire, 1558-1995, Presses universitaires d'Oxford, 1996.

«Dans les années 1780, à mesure que le filage du coton du Lancashire devenait plus efficace, le commerce britannique commençait à emprunter une nouvelle direction. Il capta les marchés vers lesquels la Compagnie Compagnie britannique des Indes orientales (British East India Company – BEIC) en charge des Indes orientales jusqu’à la mutinerie des Cipayes en 1857. avait jusque-là exporté les textiles qu’elle achetait aux Indes. Au cours des dernières années des guerres napoléoniennes, les coûts étaient descendus à un niveau tel que les fabricants pouvaient même exporter leur marchandise aux Indes et y concurrencer les producteurs locaux.»

Trevor O. Lloyd, The British Empire, 1558-1995, coll. « Short Oxford History of the Modern World », Oxford University Press, Reed, 1995, p. 133, traduction © Les Clionautes.

Avant les années 1780Vente de coton indien en Angleterre par la BEIC
Années 1780Vente de coton anglais en Angleterre
Années 1810-1815Vente de coton anglais en Inde