Jacques Piou, député de la Lozère —>

« Nous sommes en présence d’un conflit irréductible. Tant qu’il a été possible d’espérer une conciliation à la faveur d’une neutralité spiritualiste, l’école neutre a pu vivre. Aujourd’hui, tout est changé. Vous êtes des positivistes, des libres penseurs, des matérialistes, et, il n’y a pas de Dieu, il n’y a que la raison, pour vous, que la science. Soit, mais nous ne voulons pas que nos enfants subissent le joug de cette raison, courte par tant d’endroits, le joug de cette fragile science qui décrit tout et n’explique rien. Là est le conflit, aucune transaction.

Qu’au moins la liberté de l’enseignement soit établie sur de telles bases qu’à côté de ses écoles nous ayons au moins les nôtres subventionnées par l’État comme les siennes. (…)

Vous voulez faire de la laïcité scolaire une arme de guerre religieuse, de l’obligation scolaire le synonyme de la libre pensée obligatoire ; nous ne l’accepterons jamais. La paix dans la liberté, si vous le voulez ; sinon la guerre jusqu’au bout. »

Source : Jacques Piou, député catholique, Discours à la Chambre des députés, 21 janvier 1910.