«Excellence, j’ai pris, à un moment difficile, la responsabilité de la direction de la politique française, sous la haute autorité du Maréchal Pétain. Vous connaissez mes vues sur les relations que je désire voir s’établir entre nos deux pays. Elles ont besoin d’une base de loyauté et de confiance.

Les Français savent que je veux rechercher et épuiser tous les moyens, afin d’arriver à une réconciliation et une entente étroite avec l’Allemagne. Les Français savent que la paix future est sauvegardée par notre entente, et, dans ces conditions, je suis certain que la France trouvera, dans la nouvelle Europe, une place digne de son passé. Afin de protéger l’Europe d’une bolchevisation qui détruirait notre culture jusque dans ses bases, l’Allemagne s’est préparée à une lutte gigantesque. Le sang de sa jeunesse va couler. Je voudrais que vous sachiez que le gouvernement français ne reste pas indifférent devant l’ampleur immense des sacrifices, auxquels votre pays consent volontairement, et dans notre malheur, je voudrais vous dire, spontanément et simplement, que la France est disposée, selon ses possibilités et sans aucun ajournement, à contribuer pour sa part à vos efforts.

L’Allemagne a mobilisé, en vue de la plus grande bataille de l’histoire, les éléments les plus jeunes et les plus actifs de son peuple, elle a, par conséquent, besoin d’hommes. Je comprends ces nécessités et je suis prêt à mettre mon aide à votre disposition. J’ai le désir, en conséquence, que des Français, aussi nombreux que possible, prennent dans vos usines la place de ceux qui partent sur le front de l’Est.

Les Français sont liés à leur sol, mais je sais qu’ils seraient prêts à le quitter pour une tâche dont la signification historique et nationale leur a été exposée. Je ferai de mon mieux dans ce sens et je vous prie de m’aider en vue de créer un terrain psychologique qui pourrait faciliter mon action. La France est représentée, de façon symbolique, sur le front de l’Est par la Légion antibolchevique. Il serait possible d’en augmenter les effectifs, et le gouvernement français a décidé de donner, à tous les anciens et futurs volontaires, l’assurance que leurs intérêts personnels et ceux des membres de leurs familles seront sauvegardés avec équité.

Je prie Votre Excellence de bien vouloir soumettre cette lettre au Führer comme témoignage de la sincérité du gouvernement français. Veuillez agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération et de la sincérité de mes sentiments.»

in Histoire, 1ère, Nathan, coll. «J. Marseille», 1994, p. 341.