Discours prononcé par Charles de Gaulle à Alger le 14 juillet 1943


«Oui, après la chute du système d’autrefois et devant l’indignité de celui qui s’écroule, après tant de souffrances, de colères, de dégoûts, éprouvés par un nombre immense d’hommes et de femmes de chez nous, la nation saura vouloir que tous, je dis tous ses enfants puissent désormais vivre et travailler dans la dignité et la sécurité sociales. Sans briser les leviers d’activité que constituent l’initiative et le légitime bénéfice, la nation saura vouloir que les richesses naturelles, le travail et la technique qui sont les trois éléments de la prospérité de tous, ne seront point exploités au profit de quelques-uns. La nation saura faire en sorte que toutes les ressources économiques de son sol et de son Empire soient mises en œuvre, non pas d’après le bon plaisir des individus, mais pour l’avantage général. S’il existe encore des bastilles, qu’elles s’apprêtent de bon gré à ouvrir leurs portes. Car, quand la lutte s’engage entre le peuple et la Bastille, c’est toujours la Bastille qui finit par avoir tort.»