On sait peu de choses sur Polyen. Il vivait à Rome durant le règne de Marc-Aurèle, au IIe siècle ap. J.C, exerçait comme avocat et était d’origine macédonienne. Il a écrit des Ruses de guerre ou Stratagèmes, une somme de huit livres comportant 900 « stratagèmes » organisés de manière chronologique.
À l’intérieur, Polyen évoque le combat ou l’action de femmes. Parmi elles, on trouve la mention d’ Artémise Ière qui était reine de Carie (textes 1 et 2) et qui prit part à la bataille de Salamine au côté du Grand Roi, en 480 av. J.C. Artémise II (texte 3) est reine d’Halicarnasse. Elle fit ériger le Mausolée de cette même cité, l’une des sept merveilles du monde. Ces court extraits montrent l’implication des femmes dans les conflits et louent leur habilité dans l’art de la guerre.
Texte 1 :
» Artémise participait à la bataille navale de Salamine. Les Perses manœuvrèrent pour s’enfuir, et les Grecs se mirent à les poursuivre. Voyant qu’ils étaient sur le point de la rejoindre, Artémise ordonna à l’équipage de retirer de son vaisseau tout signe distinctif de la flotte perse. Et elle commanda au pilote de fondre sur le navire perse qui les précédait. Voyant cette manœuvre, les Grecs crurent que c’était l’un des leurs. Ils le laissèrent donc passer, donnèrent la chasse aux autres. Ainsi Artémise évita-t-elle le danger, se retira-t-elle en Carie ».
(VII, 53, 1. Traduction proposée dans Polyen, Ruses de femmes, Éditions mille-et-nuits, p.55-56).
Texte 2 :
« Artémise, fille de Lygdamis, envoya par le fond un vaisseau de la flotte des Calyndiens, alliés des ennemis, et le capitaine Damasippe périt dans le naufrage. Pour la récompenser, le roi lui envoya une armure grecque complète, et au général de la flotte, il envoya une quenouille et un fuseau ».
(VIII, 53, 2. Traduction proposée dans Polyen, Ruses de femmes, Éditions mille-et-nuits, p.67-68).
Texte 3 :
« Artémise, commandant une galère longue, avait deux pavillons, un dans le style des Barbares, et l’autre grec. Quand elle poursuivait un navire grec, elle mettait le pavillon des Barbares, mais quand un navire grec lui donnait la chasse, elle arborait le pavillon grec, afin que ceux qui la poursuivaient, prenant son vaisseau pour grec, lui laissent la voie libre ».
(VIII, 53,3. Traduction proposée dans Polyen, Ruses de femmes, Éditions mille-et-nuits, p.56).


