Dans un article publié le 9 mai 1943 sous le titre « La guerre et les Juifs » dans Das Reich, le ministre de la Propagande revient sur l’enjeu fondamental de la guerre selon les nazis et laisse clairement entendre quel sera le sort des Juifs.

« En Europe, certains cercles tiennent absolument à na pas admettre que cette guerre est une guerre de la race juive et des peuples qui la soutiennent contre l’humanité aryenne, ainsi que contre la culture et la civilisation occidentales, et que c’est pour cette raison qu’elle met en jeu tout ce qui est cher à nos yeux, nous autres Allemands et Européens, en tant que garants du principe d’un ordre mondial civilisé. (…)
C’est par conséquent au nom de la sécurité de l’Etat qu’il nous faut prendre dans notre propre pays les mesures qui semblent appropriées afin de protéger la communauté combattante du peuple allemand contre ce danger. Cela peut nous contraindre parfois à des décisions difficiles, mais c’est insignifiant face à ce danger. Car cette guerre est une guerre raciale. Elle a été déclenchée, et est menée dans son intérêt et conformément à ses plans par la juiverie, qui n’a d’autre objectif que l’anéantissement et l’éradication de notre peuple. Car nous sommes le seul obstacle qui se dresse face à la juiverie sur la voie de la domination mondiale. Si les puissances de l’Axe perdaient le combat, plus aucun barrage ne pourrait sauver l’Europe du déferlement judéo-bolchevique. (…)
Aucune parole prophétique du Führer ne s’est réalisée avec autant de certitude, aussi incontournable et inquiétante soit-elle, que celle annonçant que si la juiverie parvenait à provoquer une deuxième guerre mondiale, celle-ci n’entraînerait pas l’annihilation de l’humanité aryenne, mais l’anéantissement de la race juive. Ce processus est d’une signification historique pour l’ensemble du monde, et puisqu’il entraînera les conséquences que l’on peut présumer inéluctable, il lui faut du temps. Mais on ne peut plus le retarder. (…)
Nous évoquons cette question sans aucun ressentiment. Les temps sont trop graves pour ourdir de naïfs plans de vengeance. Nous sommes confrontés à un problème mondial de premier ordre qui peut être résolu par la génération actuelle, et qui doit l’être. Il n’y a pas de place pour des considérations sentimentales. Avec la juiverie, nous sommes face à l’incarnation de la décadence générale du monde. Soit nous brisons ce danger, soit les peuples se décomposeront. (…) Quand ils [les Juifs] ont conçu leur plan d’anéantissement total contre le peuple allemand, ils ont signé leur propre arrêt de mort. Une fois encore, l’histoire mondiale leur servira de tribunal. »

Cité par : Peter Longerich. « Nous ne savions pas. » Les Allemands et la Solution finale. 1933 – 1945. Paris, Editions Héloïse d’Ormesson, 2008, pp. 350 – 351.