La stagnation démographique de la France sous la Troisième République, aggravée par l’hécatombe de la guerre 14-18, a suscité dans notre pays de nombreux débats sur le déclin, la disparition de la France et sur la nécessité de mener une politique nataliste pour repeupler la France. Les médecins, en tant que spécialistes de la reproduction humaine, ont  contribué à l’élaboration de théories de redressement démographique de la France. Munis de l’autorité que leur confèrent leurs diplômes et leur statut, les arguments « scientifiques » (ou pseudo-scientifiques) ont parfois été mis au service d’idéologies politiques faciles à identifier. C’est le cas avec les théories démographiques du médecin et hygiéniste René martial, dont nous proposons ci-dessous quelques extraits.

René Martial (1873-1955), médecin, hygiéniste et « anthropologue des races », est reconnu comme un spécialiste de l’immigration dans les années 1930 et sous le régime de Vichy. Les extraits proposés sont issus d’un ouvrage publié chez Flammarion en 1942 « Les Métis – Nouvelle étude sur les migrations, le mélange des races, le métissage, la retrempe de la race française et la révision du code de la famille ». Le docteur Martial y reprend des théories déjà développées dans les années 1930, en particulier dans  « La Race française », de 1934, qui reçut en France un accueil favorable.

Le programme de repeuplement de la France proposé par le docteur Martial illustre comment des arguments pseudo-scientifiques empruntés à la biologie et à l’histoire ont pu être mis au service d’une vision raciste du monde et d’un projet politique profondément réactionnaire, reposant sur une vision idéalisée du passé de la France,  celui d’avant 1789, avant « le dogme imbécile de l’égalité ».

Le programme nataliste du docteur Martial s’articule parfaitement avec l’idéologie passéiste de la Révolution nationale du régime de Vichy d’une société rurale traditionnelle hiérarchisée, où les femmes sont avant tout des mères reproductrices qui « pourront être mariées dès que nubiles et même avant la quinzième année ». Les hommes, eux, doivent subir un « dressage physique » par le travail de la terre dès le plus jeune âge, afin de (re)devenir de vrais chefs de famille et de vigoureux géniteurs, comme le furent leurs ancêtres. 

La dimension raciale du programme du docteur Martial permet de comprendre pourquoi son ouvrage fut favorablement accueilli en 1942 par la presse collaborationniste du Paris occupé, comme dans le quotidien Les Nouveaux Temps dirigé par Jean Luchaire.  Si l’auteur ne croit pas à l’existence d’une race française pure et défend l’idée d’une immigration biologiquement choisie, sa vision racialiste du monde n’est pas complètement incompatible avec celle des nazis.

 

Note : les titres des extraits ont été ajoutés pour mettre en lumière ce qui a guidé notre sélection.


Le devoir de perpétuer la race

[…] Fonder une famille ce n’est pas seulement se marier, par fantaisie, intérêt ou curiosité, se mettre en ménage et avoir des enfants en plus ou moins grand nombre. C’est aussi perpétuer la race. Et ce devoir ne saurait s’accomplir n’importe comment.

[…] page 211

Hélas, les Français ont perdu la fierté de leur race, même familiale. Fierté légitime cependant et nécessaire. Mais, depuis 1789, il y a eu le dogme imbécile de l’égalité.

[…] page 216

Or, qui a songé depuis cinquante ans et plus à préparer les cœurs et les cerveaux à cette vie de famille. Seule l’Eglise l’a fait mais peut-être plus par routine qu’avec une conviction ardente. Préparation insuffisante.

Page  217

Travail de la terre et familles nombreuses pour la Patrie

Dans le retour à la terre, on n’a voulu voir que les nécessités de l’agriculture et du ravitaillement. Il fallait y voir la possibilité, et plus tard, la certitude d’y avoir des familles nombreuses qui, par leur nombre même, auraient pu se passer de la main-d’œuvre étrangère. Je ne fais que répéter ce que j’ai dit et écrit maintes et maintes fois : la diminution de la natalité c’est la diminution du nombre des fruits, l’abandon des campagnes, c’est la sape dans le tronc. L’événement a prouvé que j’avais raison. Hélas, en hygiène, en sociologie, en immigration, en matière de races, voilà quarante ans que j’ai raison et que l’on n’a jamais voulu m’écouter. Nos politiciens ne pensaient qu’à leurs intérêts. De 1924 à 1940, aucun ministère du travail n’a consenti à admettre une politique de l’immigration. Aujourd’hui encore, on passe à côté du vrai problème de la famille. Le dressage moral doit marcher de pair avec le dressage physique, lequel en devient beaucoup plus facile. Ce fameux dressage physique, qui donc le donne mieux que la terre. Quels métiers donnent mieux la vigueur musculaire et l’endurance à la marche, le portage, le labourage, le béchage, le fauchage, autant d’exercices qui forcissent les muscles et assouplissent les articulations ; conduire les bœufs, les chevaux, engranger, botteler et autres travaux demandant l’adresse et le coup d’œil avec la souplesse. Dressage d’autant plus facile qu’il débute dès l’enfance.

Pour que le retour à la terre aboutisse à quelque chose de bon pour la France, il faut de nombreux petits paysans mis à l’ouvrage le plus tôt possible, à un ouvrage proportionné à leurs forces. En conséquence, et tout en adoptant l’organisation technique que je décris en « annexe », il ne faut envoyer les enfants des campagnes à l’école qu’en hiver, de décembre à mai, période pendant laquelle la vie des champs est au ralenti, de mai à juillet, l’après-midi seulement et d’août à décembre les laisser aux travaux des champs et de la ferme. Le retour à la terre ne peut être réel que si c’est l’enfant qui y retourne et non pas l’homme fait et déraciné, pas même le jeune homme de 15 ans qui a déjà plus ou moins goûté aux plaisirs (?) de la ville et qui a été déjà contaminé par les idées régnantes.

Page 217-218

Le féminisme d’origine judéo-anglaise, voilà l’ennemi !

Une famille est une collectivité. A toute collectivité, il faut un chef. Cet aphorisme a besoin d’être rappelé, car la folie féministe, d’origine judéo-anglaise a abattu cette notion ou failli l’abattre. Il n’est que temps de la relever. Le féminisme tel qu’il était à la fin de 1939, constituait un danger social. Il eût été facile de l’écarter sans fracas, malgré les coquetteries de quelques sénateurs, si nos gouvernants avaient compris ce que notre nouveau régime vient enfin de saisir : l’institution d’un salaire proportionné à la grandeur numérique de la famille. L’argument du féminisme était que, dans la société contemporaine, la femme isolée devait travailler pour vivre, etn la femme mariée aussi, le salaire du mari étant insuffisant. Sans doute, mais la femme qui travaille a une fâcheuse tendance à se lancer dans la politique et elle s’écarte de plus en plus de ses devoirs moraux et de sa fonction physiologique. Le féminisme est une erreur biologique puisque c’est la disjonction entre l’organisme, commandé par ses glandes endocrines et la psychologie qui devrait résulter de cette vie physiologique si elle était normale. Le féminisme s’écartait de plus en plus de la vie normale et devenait de plus en plus dangereux parce qu’il entraînait avec lui une partie toujours plus importante de la population féminine, la partie la plus primaire la plus crédule, la moins capable de clairvoyance. Qu’il y ait eu une ruée des femmes vers les carrières libérales, cela ne prouve rien car 50 % des avocates, des femmes-médecins, des femmes de laboratoire sont étrangères et le féminisme participe de l’esprit de revendication qui caractérise les Juifs.

En prenant une direction politique, le féminisme a fait fausse route. Et comment ne l’aurait-il pas faite puisqu’elle voulait se rendre égale à l’homme. Egalité, que de bêtises on commet en ton nom ! L’homme et la femme ne sont pas égaux, ils sont différents jusqu’au plus profond de leur être et de leur hérédité.

[…] page 218-219

Des mères de famille dès 15 ans

Mais si l’on veut avoir des familles nombreuses, il en suffit pas d’avoir des mariages nombreux. Il faut que la femme devienne mère de bonne heure comme cela avait lieu en France jusqu’au XVIIIe siècle. […] l faut donc inscrire au code de la famille que les filles pourront être mariées dès que nubiles et même avant la quinzième année. Il faut aller vite pour n’avoir pas trop besoin, ni trop longtemps de l’immigration.

[…] Page 225

 

Une immigration biologiquement choisie

Les principes de sélection que j’ai établis en matière d’immigration doivent trouver place dans le code de la famille ; ils sont généraux et très facilement applicables aux cas particuliers qui doivent alors être considérés comme « immigration-croisement », c’est-à-dire métissage familial. En conséquence, le vrai code de la famille interdira d’une façon formelle tous les mariages avec des étrangers venant de pays situés au delà de cette frontière des sangs figurant dans ce volume. Il interdira également tous les mariages avec des étrangers venant de la côte sud de la Méditerranée, cette côte se raccordant sur ma carte avec la frontière des sangs au fond du golfe d’Alexandrette. Une exception sera faite en faveur des blancs d’Afrique : Berbères et Touaregs nobles après recherche toutefois de leur groupe sanguin et de leurs tares héréditaires. […] par le choix de l’aire géographique et historique des étrangers admis: Scandinaves, Irlandais, Hollandais,Belges, Luxembourgeois, Lorrains, Alsaciens, Allemands: du Nord et de l’Ouest, rive gauche du Rhin, Suisses, Italiens (de préférence Italie du Nord), Dalmates (anciens nordiques) ; les Espagnols et les Portugais ou Lusitaniens ne pourront être admis que s’ils sont reconnus indemnes de tout métissage arabe, nègre ou indien du Mexique et de l’Amérique du Sud. Pour les Anglais, examen préalable au sujet de l’origine aryenne, les changements fréquents de noms des asiatiques admis (israélites) prêtant à confusion.

[…] p. 225-226

Que la loi nous préserve du préservatif !

Les préservatifs ont beaucoup plus et de beaucoup plus graves conséquences que l’avortement. L’avortement supprime un certain nombre de fœtus. Les préservatifs empêchent des centaines de mille de fécondations, et ceci, même dans l’état de mariage. Il s’en vendait dans les herboristeries, les librairies clandestines et même quelquefois des pharmacies, des milliers et des milliers, pour les deux sexes. Les restrictions à la fécondation sont illimitées en nombre et ces restrictions ont gagné les campagnes, tout comme la syphilis dont les ravages sont visibles dans certains villages rien que par l’aspect des jambes, des crânes et des nez des enfants.
Il aurait donc fallu insérer dans le code de la famille I’interdiction de la fabrication et de la vente des objets anti-conceptionnels en usage depuis deux siècles et demi et parfaitement efficaces.

[..] Pages 228-229

René Martial, « Les Métis – Nouvelle étude sur les migrations, le mélange des races, le métissage, la retrempe de la race française et la révision du code de la famille », Flammarion , 1942