Polybe (200-118 avant J.C) est un historien grec né à Mégalopolis. Militaire, il est désigné, après la victoire de Paul Émile à Pydna  (168), comme otage devant être amené à Rome. Polybe devient alors un proche de Scipion Émilien qu’il accompagne dans ses différentes campagnes.

Polybe est surtout connu pour ses Histoires qui étaient composées de quarante livres. Il cherche notamment à expliquer comment Rome s’est imposée au reste du monde.

Dans ses Histoires, l’historien a développé un propos sur la vérité dans notre belle discipline. L’objectif qui est assigné à l’historien est la « poursuite de la vérité », écrit-il. Et si on peut être indulgent avec l’ignorance et on ne saurait l’être avec le « parti pris ».

Une exigence toujours valable deux millénaires plus tard et que ne renieraient pas ni Marc Bloch, ni Paul Veyne.


« Timée dit que la pire faute en histoire, c’est le mensonge. Tous ceux qui sont pris en flagrant délit de fausseté dans leurs ouvrages peuvent aller chercher le nom qu’ils veulent pour leurs livres : il ne faut pas dire que c’est de l’histoire.

C’est comme pour une règle : elle peut être trop courte ou trop mince, si elle a le caractère spécifique d’une règle, cela reste une règle et elle en mérite le nom. Si elle n’est plus droite, si elle manque de cette propriété essentielle, on peut l’appeler comme on veut, c’est tout sauf une règle. Il en est de même pour l’histoire. Elle peut pécher par le style, ou par la composition, ou par n’importe quel autre de ses aspects propres, si elle adhère à la vérité, on peut lui donner le nom d’histoire. Si elle manque à la vérité, elle ne mérite plus le nom d’histoire.

Personnellement j’en suis bien d’accord : la poursuite de la vérité est l’essentiel pour l’historien. N’ai-je pas dit précisément quelque part dans mon ouvrage qu’il en est comme d’un animal auquel on aurait arraché les yeux : il ne peut plus servir à rien. De même l’histoire, si on lui ôte la vérité, n’est plus qu’un récit parfaitement inutile. Mais j’ai dit qu’il y avait deux espèces de faussetés, l’une qui vient de l’ignorance et l’autre du parti pris. Il faut excuser ceux qui manquent à la vérité par ignorance, mais ceux qui le font par parti pris n’ont droit à aucune faiblesse ».

Polybe, Histoires, XII, 11-12.